Vingt-quatre ans après le naufrage du bateau Le Joola, le Sénégal continue de porter la douleur de l’une des plus grandes tragédies de son histoire contemporaine. Ce samedi 26 septembre 2026, la commémoration du 24e anniversaire du drame s’est tenue au musée mémorial du Joola, à Ziguinchor, en présence du Premier ministre Al Aminou Lô, des familles des victimes, des rescapés et de plusieurs autorités locales.
Dans une atmosphère empreinte de recueillement et d’émotion, le chef du gouvernement a rendu hommage aux milliers de personnes disparues dans le naufrage, tout en réaffirmant la compassion de l’État à l’endroit des familles endeuillées et des survivants. « La douleur ne s’efface jamais, le temps n’a pas effacé les souvenirs », a déclaré Al Aminou Lô, rappelant que, plus de deux décennies après la catastrophe, la blessure reste profondément ancrée dans la mémoire collective.
Pour le Premier ministre, le souvenir du Joola ne saurait toutefois se limiter à une cérémonie annuelle de recueillement. Il doit également constituer un rappel permanent des responsabilités qui incombent à la collectivité. Le drame, qui a coûté la vie à près de deux mille personnes, doit ainsi continuer à interpeller les autorités comme les citoyens sur la nécessité de renforcer la sécurité et de prévenir les comportements à risque.
Al Aminou Lô a particulièrement insisté sur la nécessité de tirer les enseignements du naufrage. Il a cité, parmi les pratiques qui continuent de présenter des risques, l’utilisation d’embarcations de fortune, les situations de surcharge ainsi que certaines liaisons maritimes insuffisamment contrôlées. « Le Joola doit servir de point de départ à un changement de comportement », a-t-il déclaré, appelant à une responsabilité partagée afin que « plus jamais cela n’arrive ».
Le chef du gouvernement a également accordé une place importante à la préservation de la mémoire. Il a présenté le musée mémorial du Joola comme un lieu essentiel pour les familles des victimes, mais aussi pour l’ensemble de la société sénégalaise. Il l’a décrit comme un « sanctuaire pour les familles, lieu de recueillement pour les visiteurs et espace de connaissance pour les générations futures ».
Dans cette perspective, le Premier ministre a annoncé une révision du statut du musée avant la fin de l’année. L’objectif affiché est notamment de garantir son ouverture permanente et de renforcer l’implication des familles dans sa gestion. « Une nation qui se souvient est une nation qui se respecte », a martelé Al Aminou Lô, soulignant la nécessité de préserver cet espace de mémoire et de transmission.
Au cours de son intervention, le Premier ministre a également rendu hommage à toutes celles et tous ceux qui se sont mobilisés dans les heures qui ont suivi le naufrage. Il a salué le courage des sauveteurs, des pêcheurs, des personnels de santé, des forces armées et des nombreux volontaires qui ont participé aux opérations de secours et porté assistance aux victimes et aux rescapés.
Il a par ailleurs distingué le travail accompli par Sokhna Gueye, administratrice du musée mémorial, ainsi que celui des historiens, chercheurs et artistes engagés dans la conservation et la transmission de la mémoire du Joola. Pour le gouvernement, cette œuvre de transmission constitue un enjeu majeur pour les générations futures, afin que la tragédie ne soit ni oubliée ni réduite à une simple page de l’histoire nationale.
« Le Joola n’est pas seulement une tragédie de notre histoire, c’est devenu une part de notre conscience nationale », a rappelé Al Aminou Lô. Une formule qui résume la portée donnée à cette 24e commémoration : celle d’un devoir de mémoire, mais également d’une exigence de responsabilité.










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