Avec L'immigré Modou-modou, son premier roman, la journaliste et autrice franco-sénégalaise Léa Leydier pose un regard sans concession sur l'émigration clandestine. Du quartier populaire de Sam Notaire, à Guédiawaye, jusqu'aux difficultés de l'intégration en Europe, en passant par le transit maghrébin et le poids des sacrifices familiaux, elle décrit les engrenages d'un drame contemporain, dans un entretien accordé à Seneweb.
L'autrice explique avoir choisi ce thème en raison de sa sensibilité à l'échelle internationale. « Face à la divergence des discours politiques, souvent préjudiciables aux populations concernées, j'ai souhaité livrer un récit factuel et impartial », dit-elle, afin de permettre au lecteur de forger sa propre réflexion. Sur la pression sociale, elle est claire : « Il existe une pression sociale indéniable. Bien que regrettable, il convient de faire preuve de lucidité face à cette réalité sociétale où les enfants portent le poids de dettes morales implicites envers leurs parents. »
Le récit suit un jeune homme de Sam Notaire, ayant grandi dans un milieu précaire marqué par les préjugés sociaux. Sa mère sacrifie ses biens personnels et ses économies de tontine pour financer son départ. Dès la traversée, le personnage est confronté aux atrocités du transit : selon l'autrice, certains pays maghrébins perçoivent les personnes qui transitent par leur territoire « comme des esclaves », une réalité que l'on croyait « confinée aux livres d'histoire ». En Europe, poursuit-elle, les migrants font face au choc culturel, à une bureaucratie réticente à la régularisation et à des instrumentalisations politiques qui en font des boucs émissaires. Le roman aborde aussi le regard porté par leurs compatriotes sur les émigrés, au départ comme au retour.
Léa Leydier précise qu'il s'agit d'une « œuvre de fiction documentée », sans lien direct avec son propre parcours, et dit s'abstenir pour l'heure de recommandations politiques, tout en se disant prête à collaborer avec les instances compétentes en faveur de la jeunesse. Autoéditée en Afrique, un choix qu'elle revendique, l'œuvre est diffusée au Sénégal par le réseau Moukat Distribution, notamment à l'aéroport international Blaise-Diagne, à la gare de Dakar, à la Fnac, dans les librairies Aux 4 Vents, Plume du Monde, Alioune Diakhaté à Saint-Louis et Omar Samb à Rufisque, ainsi que dans certains hôtels et stations-service. Une diffusion dans la sous-région puis dans l'espace Schengen est envisagée.






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