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Justice

Litige foncier à Sud-Foire : Seynabou Ndiaye et la Fondation Cheikh Abdoul Aziz Sy devant la justice

Le tribunal de grande instance hors classe de Dakar a examiné, ce lundi, un litige foncier opposant la femme d’affaires Seynabou Ndiaye à la Fondation Cheikh Abdoul Aziz Sy.

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Litige foncier à Sud-Foire : Seynabou Ndiaye et la Fondation Cheikh Abdoul Aziz Sy devant la justice

Le tribunal de grande instance hors classe de Dakar a examiné, ce lundi, un litige foncier opposant la femme d’affaires Seynabou Ndiaye à la Fondation Cheikh Abdoul Aziz Sy. Au cœur de cette affaire : une procédure visant l’expulsion de Mme Ndiaye et la démolition des constructions qu’elle a édifiées sur une parcelle de 1 000 m² située à Sud-Foire, à Dakar. L’audience a finalement été renvoyée au 26 octobre 2026.

À la sortie de l’audience, l’avocat de Seynabou Ndiaye, Me Youssoupha Camara, a contesté la qualité à agir de Cheikh Tidiane Diouf, présenté comme le mandataire de la Fondation. Selon lui, la procédure soulève des interrogations quant à la régularité du mandat invoqué pour défendre les intérêts de l’institution.

« Sans mandat, on ne peut se prévaloir de la propriété ni de la gestion d’un bien », a déclaré l’avocat, estimant que des irrégularités pourraient entacher la procédure engagée contre sa cliente.

Pour assurer la défense de Seynabou Ndiaye, Me Camara met notamment en avant les investissements consentis par sa cliente depuis 2004 sur le terrain litigieux. Les constructions qui y ont été réalisées sont évaluées entre 60 et 70 millions de francs CFA.

L’avocat évoque également le versement régulier, depuis 2005, d’une somme mensuelle de 50 000 francs CFA à la mairie. Selon les éléments avancés par la défense, ces paiements représenteraient un montant cumulé de plus de 25 millions de francs CFA.

Me Youssoupha Camara estime que ces investissements devront être pris en considération dans l’issue du dossier. « Si la justice donne raison à la Fondation, une indemnisation devra être versée pour les constructions », a-t-il soutenu, faisant ainsi valoir les intérêts patrimoniaux de sa cliente.

Le contentieux porte sur le lot 12 du titre foncier TF 1677/NGA, situé à proximité du Samu municipal. De son côté, la Fondation Cheikh Abdoul Aziz Sy affirme bénéficier d’un bail de 30 ans accordé par l’État en 2010, moyennant un loyer annuel de 5 000 francs CFA.

Seynabou Ndiaye conteste toutefois la régularité du rattachement de ce bail au titre foncier TF 1677/NGA. Elle demande notamment des éclaircissements sur les liens entre les titres fonciers TF 1675/NGA et TF 1677/NGA, une question qui apparaît centrale dans la compréhension du différend.

La femme d’affaires avait par ailleurs été relaxée en janvier 2024 des poursuites pour occupation illégale. Cette décision constitue un élément du parcours judiciaire du dossier, sans pour autant régler nécessairement les questions foncières et patrimoniales qui opposent les deux parties.

Au-delà de la contestation de la qualité du mandataire et des investissements revendiqués par Seynabou Ndiaye, l’affaire soulève des interrogations sur la validité des documents fonciers invoqués et sur les droits respectifs des parties sur la parcelle.

Ce dossier illustre également la complexité de certains litiges fonciers à Dakar, où les questions de titres, de baux, d’occupation et de valorisation des constructions peuvent donner lieu à de longues procédures judiciaires.

Le renvoi de l’audience au 26 octobre 2026 offre une nouvelle échéance aux deux parties pour poursuivre leurs démarches devant la juridiction. En attendant, le différend entre Seynabou Ndiaye et la Fondation Cheikh Abdoul Aziz Sy demeure pendant devant la justice.


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