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Maroc : Le Roi Mohammed VI appelle à renoncer au sacrifice du mouton pour l’Aïd al-Adha 2025

Le Maroc connaîtra une fête de l’Aïd al-Adha particulière cette année. Le roi Mohammed VI a appelé la population à ne pas sacrifier de mouton lors de cette célébration prévue début juin 2025, en raison de la forte sécheresse qui frappe le pays et de la…

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Maroc : Le Roi Mohammed VI appelle à renoncer au sacrifice du mouton pour l’Aïd al-Adha 2025

Le Maroc connaîtra une fête de l’Aïd al-Adha particulière cette année. Le roi Mohammed VI a appelé la population à ne pas sacrifier de mouton lors de cette célébration prévue début juin 2025, en raison de la forte sécheresse qui frappe le pays et de la flambée des prix du bétail.

Dans un discours lu par le ministre des Affaires religieuses le 26 février à la télévision publique, le roi a souligné les défis climatiques et économiques auxquels le pays est confronté. La sécheresse, qui sévit depuis sept ans, a entraîné une diminution du cheptel de 38 % en un an, avec un déficit pluviométrique de 53 % par rapport à la moyenne des trente dernières années. Il s’agit de la pire sécheresse depuis les années 1980.

Cette baisse du nombre de têtes de bétail a provoqué une flambée des prix de la viande, rendant l’achat d’un mouton inaccessible pour de nombreuses familles. À Casablanca, le prix du kilo de viande rouge oscille entre 11 et 12 euros, alors que le salaire minimum au Maroc est d’environ 290 euros mensuels.

Conscient de l’importance de l’Aïd al-Adha sur les plans religieux, familial et social, Mohammed VI a expliqué que « l’accomplissement de ce rite dans ces conditions difficiles est susceptible de porter préjudice à une grande partie des habitants du pays, particulièrement ceux à revenu limité ».

L’Aïd al-Adha, aussi appelé la « fête du sacrifice », commémore la soumission du prophète Ibrahim à Dieu, symbolisée par le sacrifice d’un mouton. Toutefois, le roi a rappelé que cette pratique relève de la sounna (tradition prophétique) et non des cinq piliers de l’islam, laissant entendre qu’elle peut être suspendue en cas de nécessité.

Cette décision, bien que rare, n’est pas sans précédent. En 1996, le roi Hassan II, père de l’actuel souverain, avait déjà appelé les Marocains à renoncer au sacrifice pour des raisons similaires de sécheresse et de difficultés économiques.

L’annonce de Mohammed VI intervient alors que le gouvernement est critiqué pour ne pas avoir directement subventionné la viande, malgré des aides accordées aux importateurs. Cette mesure vise à éviter une pression supplémentaire sur les ménages déjà affectés par la crise économique et la hausse du coût de la vie.

Si cette annonce vise à soulager financièrement les foyers marocains, elle risque aussi de bouleverser les traditions et d’affecter le secteur de l’élevage. Les éleveurs, dont une grande partie dépend des ventes de moutons pour l’Aïd, pourraient subir d’importantes pertes économiques.

Reste à voir comment les Marocains accueilleront cette décision inédite depuis près de 30 ans et quelles mesures d’accompagnement seront mises en place pour compenser les impacts sur l’économie et les traditions sociales du pays.

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