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Société

Y’en A Marre s’oppose fermement à la proposition de loi d'Amadou Bâ sur l’amnistie : « Plus dangereuse que le Quart Bloquant de Wade »

Le mouvement citoyen Y'en A Marre a exprimé ce mardi sa ferme opposition à la proposition de loi d'amnistie présentée par le député Amadou Bâ, membre de Pastef. Lors d'une conférence de presse, les membres du mouvement ont vivement critiqué cette…

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Y’en A Marre s’oppose fermement à la proposition de loi d'Amadou Bâ sur l’amnistie : « Plus dangereuse que le Quart Bloquant de Wade »

Le mouvement citoyen Y'en A Marre a exprimé ce mardi sa ferme opposition à la proposition de loi d'amnistie présentée par le député Amadou Bâ, membre de Pastef. Lors d'une conférence de presse, les membres du mouvement ont vivement critiqué cette initiative parlementaire, qualifiant cette interprétation de « plus dangereuse que le quart bloquant » tenté par l'ancien président Abdoulaye Wade.

La proposition d'Amadou Bâ vise à réinterpréter la loi d'amnistie adoptée par la 14e législature, un texte qui avait déjà suscité de vives polémiques lors de son adoption. Cette loi d'amnistie, initialement perçue comme un acte de réconciliation nationale, est aujourd'hui considérée par certains comme un outil permettant d'absoudre des personnalités politiques impliquées dans des affaires judiciaires.

Pour Thiat, porte-parole de Y'en A Marre, la proposition d'Amadou Bâ est une tentative déguisée d'imposer l'impunité à travers un texte flou et permissif. « Cette loi est plus dangereuse que le "quart bloquant" du président Wade », a-t-il déclaré. Rappelons que le "quart bloquant" était une réforme constitutionnelle controversée visant à imposer un seuil de 25 % des voix pour l'élection d'un ticket présidentiel, avant d'être finalement abandonnée face à une forte mobilisation populaire.

« Ce n’est ni du Jub, ni du Jubeul, encore moins du Jubënti », a fustigé Thiat, en référence aux valeurs de droiture et de transparence souvent mises en avant par les défenseurs de la bonne gouvernance. Pour Y'en A Marre, cette proposition de loi est une menace pour la démocratie sénégalaise, risquant de légitimer des dérives autoritaires et de compromettre la quête de justice et d'équité.

Le mouvement citoyen, connu pour ses mobilisations historiques contre le régime de Wade et son engagement dans la sensibilisation civique, ne compte pas se limiter à des dénonciations verbales. Thiat a annoncé des actions de terrain pour exiger l'abrogation totale de la loi d'amnistie et empêcher toute tentative de réinterprétation qui nuirait à la justice.

La prise de position de Y'en A Marre intervient dans un contexte de tensions croissantes autour de la question de l'amnistie. Si certains estiment qu'une telle mesure peut favoriser la réconciliation nationale, d'autres y voient une manière déguisée de blanchir des personnalités politiques dont les agissements ont été largement critiqués.

Des associations de défense des droits de l'Homme ont également exprimé leurs inquiétudes face à cette proposition de loi. Cependant, du côté de certains membres de la majorité, on soutient que cette réinterprétation permettrait de tourner la page des conflits politiques passés et d'ouvrir une nouvelle ère de stabilité.

Face à la détermination de Y'en A Marre, un bras de fer semble se dessiner entre le mouvement citoyen et certains acteurs politiques. L'issue de ce débat dépendra en grande partie de la mobilisation populaire et de la capacité des différents acteurs à trouver un terrain d'entente pour préserver les acquis démocratiques du pays.

Dans ce contexte tendu, la proposition de loi d'Amadou Bâ apparaît comme un test pour la vitalité de la démocratie sénégalaise et la solidité des institutions. Reste à savoir si le mouvement Y'en A Marre parviendra à fédérer suffisamment d'acteurs pour contrer cette initiative ou si celle-ci finira par passer, malgré les contestations.

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