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Société

Mauvaise vente des récoltes de pommes de terre : les producteurs de Thiep crient leur détresse

À Thiep, une commune située dans l’arrondissement de Ndande, département de Kébémer (région de Louga), les producteurs de pommes de terre font face à une crise inquiétante. Malgré une production abondante et de qualité, les récoltes s’entassent dans les…

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Mauvaise vente des récoltes de pommes de terre : les producteurs de Thiep crient leur détresse

À Thiep, une commune située dans l’arrondissement de Ndande, département de Kébémer (région de Louga), les producteurs de pommes de terre font face à une crise inquiétante. Malgré une production abondante et de qualité, les récoltes s’entassent dans les champs, invendues. Les causes de cette situation sont multiples, mais les producteurs pointent principalement l’enclavement de la zone et l’absence de structures de conservation adaptées.

Lors d’un entretien avec Radio Sénégal Internationale, un producteur local a exprimé sa frustration face à cette situation qu’il juge insupportable. Selon lui, les efforts consentis pour produire de la pomme de terre ne sont pas récompensés, car il est devenu presque impossible d’écouler la marchandise dans des conditions viables. La commune de Thiep, à elle seule, produit environ 31 000 tonnes de pommes de terre chaque année, soit près de 26 % des besoins nationaux estimés à 120 000 tonnes. Ces chiffres traduisent la place stratégique qu’occupe Thiep dans la filière pomme de terre au Sénégal. Pourtant, cette performance agricole ne permet pas aux producteurs de tirer profit de leur dur labeur.

Le maire de la commune, Mouhamed Dieng, alerte depuis plusieurs années sur les obstacles structurels qui freinent la commercialisation de ces produits. Il évoque l’état critique des routes, qui dissuade transporteurs et commerçants – les bana-bana – d’accéder à la zone. Selon lui, des tonnes de pommes de terre pourrissent chaque année, faute de marchés et de moyens de conservation. La commune ne dispose d’aucune chambre froide ni d’unité de transformation pouvant prolonger la durée de vie des produits.

Les producteurs se sentent aujourd’hui abandonnés. Ils affirment que, malgré leur contribution significative à l’économie agricole, ils n’ont reçu que peu ou pas d’accompagnement technique et financier de la part des pouvoirs publics. Sans accès au crédit, ils ne peuvent pas se doter d’équipements modernes ni investir dans la logistique de distribution. Le manque de soutien freine toute tentative de modernisation de la filière.

Cette situation, dénoncent-ils, nuit également à l’installation des jeunes en agriculture. Nombreux sont ceux qui, découragés par les pertes répétées, préfèrent abandonner les champs. Le désenclavement, la création de chambres froides, l’appui à la transformation locale et l’organisation des producteurs sont autant de solutions connues, mais qui tardent à se concrétiser.

Alors que le Sénégal cherche à renforcer sa souveraineté alimentaire, le cas de Thiep illustre les limites du système actuel. Une agriculture performante sans débouchés reste une illusion. Et sans infrastructures de base, les ambitions de développement rural risquent de rester lettre morte. Aujourd’hui, les producteurs appellent l’État à agir, avant que leur cri ne se perde dans le silence des champs abandonnés.

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