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Politique

Amadou Ba dans le viseur de la justice

Le feuilleton politico-financier sénégalais prend une tournure aussi spectaculaire que préoccupante. Amadou Bâ, ex-Premier ministre et figure centrale de la présidentielle de 2024, se retrouve aujourd’hui dans le collimateur de la Cour des comptes. Le…

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Amadou Ba dans le viseur de la justice

Le feuilleton politico-financier sénégalais prend une tournure aussi spectaculaire que préoccupante. Amadou Bâ, ex-Premier ministre et figure centrale de la présidentielle de 2024, se retrouve aujourd’hui dans le collimateur de la Cour des comptes. Le rapport rendu public ce 7 mai par L’Observateur lève un coin du voile sur une gestion opaque des Dépôts à terme (DAT) de l’État, une mécanique financière censée être rigoureusement encadrée mais qui, selon les auditeurs, aurait été dévoyée à hauteur de 141 milliards de FCFA.

Sous les feux de la rampe : des ordres de retrait prématuré de DAT, sans retour au Trésor public. Pire, certains de ces fonds auraient été virés à des tiers, sur simple instruction ministérielle — un dérapage grave dans un pays où la loi de finances devrait être l’alpha et l’oméga de toute dépense publique.

Le nom d’Amadou Bâ, alors ministre de l’Économie et des Finances, est directement lié à plusieurs opérations litigieuses. Deux exemples marquants sont mis en lumière : un DAT de 4,1 milliards FCFA, “cassé” en 2017 au bénéfice de l’escompte d’un billet à ordre, et un autre de 6,5 milliards FCFA, lié à un accord tripartite entre l’État, Sonatel et la BRM. Des documents signés de sa main viennent alimenter les soupçons.

Au-delà du choc politique, ce dossier ravive de vieilles préoccupations : la porosité entre gestion publique et intérêts privés, l’absence de garde-fous efficaces, et surtout, la culture de l’impunité au sommet de l’État. Si les faits sont établis, nous sommes face à un cas d’école de détournement d’outils budgétaires à des fins politiques ou clientélistes.

En somme, ce n’est plus seulement un homme qui est mis en cause, mais un système de gouvernance tout entier. L’heure est à la transparence, et à une justice qui doit désormais prouver qu’elle est aussi indépendante que déterminée. Car ce scandale, s’il est avéré, pourrait bien redéfinir les contours du débat démocratique au Sénégal.

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