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Le monde / Afrique

Niger : les enseignants sonnent la charge face à la junte,une grève de 72h qui fait date

C’est une première depuis l’arrivée de la junte au pouvoir en juillet 2023. Au Niger, le secteur de l’éducation vient de se figer sous le poids d’un ras-le-bol devenu impossible à contenir. À l’appel d’un collectif de 28 syndicats, enseignants et…

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Niger : les enseignants sonnent la charge face à la junte,une grève de 72h qui fait date

C’est une première depuis l’arrivée de la junte au pouvoir en juillet 2023. Au Niger, le secteur de l’éducation vient de se figer sous le poids d’un ras-le-bol devenu impossible à contenir. À l’appel d’un collectif de 28 syndicats, enseignants et contractuels ont lancé, dès le lundi 12 mai, une grève de 72 heures, désertant massivement les établissements scolaires du pays.

Cette mobilisation d’ampleur, inédite sous le régime militaire, est l’expression d’un double cri d’alarme : d’une part, la précarisation persistante du corps enseignant, avec des contractuels toujours en attente de titularisation ou de renouvellement, et d’autre part, le non-paiement régulier des salaires. Une situation que les grévistes jugent intenable, d’autant plus qu’elle s’enracine dans un contexte politique et économique fragilisé.

La junte, jusqu’ici concentrée sur des priorités sécuritaires et diplomatiques, se retrouve désormais confrontée à une contestation sociale structurée, incarnée par un secteur historiquement en première ligne lors des grandes batailles civiques au Niger. En toile de fond : une école publique en lambeaux, une jeunesse en mal de repères et une élite éducative à bout de souffle.

Ce bras de fer augure-t-il un tournant ? Pour les syndicats, il ne s’agit plus seulement de négocier des primes ou des titularisations, mais de rappeler que l’éducation est un pilier de souveraineté autant que de stabilité. Dans un pays où l’on martèle le discours de refondation, il serait temps de joindre les actes à la parole.

À suivre, donc — car si cette grève devait se prolonger ou se durcir, elle pourrait devenir le prélude à une nouvelle phase de remobilisation sociale, bien au-delà des salles de classe.

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