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Justice

Justice : Moustapha Diakhaté devant le tribunal pour offense au chef de l’État

Ce mercredi matin, l’ancien député et ex-ministre Moustapha Diakhaté a comparu devant le tribunal des flagrants délits de Dakar, poursuivi pour offense au chef de l’État et offense à des personnes exerçant, en tout ou partie, les prérogatives du président…

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Justice : Moustapha Diakhaté devant le tribunal pour offense au chef de l’État

Ce mercredi matin, l’ancien député et ex-ministre Moustapha Diakhaté a comparu devant le tribunal des flagrants délits de Dakar, poursuivi pour offense au chef de l’État et offense à des personnes exerçant, en tout ou partie, les prérogatives du président de la République. Le parquet a requis six mois de prison, dont trois ferme, ainsi qu’une amende de 200 000 FCFA.

C’est à 9 h 43 que M. Diakhaté, vêtu d’un boubou noir, a été appelé à la barre. Visiblement préparé, il a déplié plusieurs feuillets qu’il a posés avec soin sur la table, avant de lire à haute voix les propos qui lui valent aujourd’hui d’être poursuivi :

« D’ailleurs sakh, ma gui guiss ben photo bouniouy ré, kou kholé niniouy dokhé nga khamni khamouniou protocole. Ci protocole de la République, il y a le Président de la République, le Président de l’Assemblée nationale et le Premier ministre. Ils ne doivent pas être à la même hauteur et rire en public. Ay gougnafier naniou. »

Des propos en wolof et français mêlés, jugés offensants à l’égard des plus hautes autorités de l’État. Le mot “gougnafier”, selon le ministère public, signifie “bon à rien”, “rustre” ou “goujat”.

À la barre, l’ancien parlementaire a reconnu intégralement la paternité des propos, expliquant qu’il s’agissait pour lui d’un appel à la solennité républicaine, et non d’une insulte gratuite.

« Je n’ai fait que chanter l’hymne de la République pour qu’on ne la colassardisse pas. Un gougnafier, c’est quelqu’un qui ignore ce qu’il fait. J’ai eu honte devant les policiers. Je ne pensais pas qu’on allait me poursuivre pour cela. »

Moustapha Diakhaté a néanmoins refusé de répondre aux questions du parquet, qui insiste sur la gravité de ses propos, jugés irrespectueux envers les institutions.

La défense de M. Diakhaté est assurée par quatre anciens ministres reconvertis en avocats : Mes El Hadji Diouf, El Hadji Amadou Sall, Oumar Youm et Antoine Mbengue. Les plaidoiries ont débuté en fin de matinée. Les conseils du prévenu plaident notamment la liberté d’expression et la critique politique dans un régime démocratique.

Cette affaire met en lumière la fragilité de la liberté d’expression au Sénégal et pose une fois de plus la question des limites du droit à la critique dans un contexte politique très polarisé. L’issue de ce procès pourrait créer un précédent important en matière de jurisprudence sur les délits d’opinion.

Le jugement a été mis en délibéré et sera rendu dans les prochains jours.

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