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Justice

Crise dans la justice : le SYTJUST et l’UNTJ dénoncent le mutisme de l’État face à une grève paralysante

Le système judiciaire sénégalais traverse une zone de turbulences. Depuis plus de trois jours, les services sont à l’arrêt dans les juridictions du pays, en raison d’un mouvement de grève conjointement lancé par le Syndicat des Travailleurs de la Justice…

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Crise dans la justice : le SYTJUST et l’UNTJ dénoncent le mutisme de l’État face à une grève paralysante

Le système judiciaire sénégalais traverse une zone de turbulences. Depuis plus de trois jours, les services sont à l’arrêt dans les juridictions du pays, en raison d’un mouvement de grève conjointement lancé par le Syndicat des Travailleurs de la Justice (SYTJUST) et l’Union Nationale des Travailleurs de la Justice (UNTJ). Dans un communiqué conjoint rendu public ce vendredi, les deux organisations dénoncent une « paralysie totale » de la justice sur l’ensemble du territoire national, et pointent du doigt « l’indifférence persistante » de l’État face à leurs revendications.

Selon les responsables syndicaux, la grève est suivie de manière massive par les agents, ce qui témoigne, selon eux, de la place centrale que ces travailleurs occupent dans le fonctionnement du système judiciaire. « Cette mobilisation illustre notre rôle indispensable dans l’édifice de l’État de droit », affirment-ils. Pourtant, ajoutent-ils, les autorités, en particulier les ministères de la Justice et de la Fonction publique, sont restées sourdes à leurs multiples appels au dialogue. Aucune initiative n’a été prise pour désamorcer une crise qui dure depuis trop longtemps.

Les conséquences de cette grève sont immédiates et profondes. Les dossiers judiciaires s’accumulent dans les tribunaux, les procédures en cours sont retardées, et les justiciables se retrouvent dans une attente interminable. Pour les personnes détenues en attente de jugement, la situation vire au drame. « Leurs droits fondamentaux sont bafoués. Une justice lente est une justice injuste », avertissent les syndicats, qui parlent d’une atteinte grave aux principes d’une justice équitable et accessible.

Au cœur des revendications figurent notamment la revalorisation des conditions de travail, l'application de protocoles d’accord signés mais non mis en œuvre, et le respect des engagements financiers liés aux statuts des agents. Pour les grévistes, il ne s’agit pas d’un simple mouvement corporatiste, mais d’un combat pour la dignité professionnelle et le respect de la parole donnée.

« La justice ne peut être rendue sans justice pour ceux qui la font vivre », rappelle le communiqué. Et d’ajouter : « Si le gouvernement continue de faire la sourde oreille, la grève pourrait se prolonger et s’intensifier dans les prochains jours. » Les syndicats exigent ainsi l’ouverture immédiate de négociations sérieuses et sincères, afin d’éviter un enlisement préjudiciable non seulement aux travailleurs, mais à l’ensemble de la société sénégalaise.

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