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Société

Thiaroye-sur-Mer en colère : violentes manifestations contre un projet imposé sans garanties foncières

La matinée du lundi 23 juin 2025 a été marquée par une vive agitation à Thiaroye-sur-Mer, où les populations locales ont exprimé leur colère face au projet de dépollution de la baie de Hann, qu’elles jugent imposé sans concertation ni garanties sur leurs…

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Thiaroye-sur-Mer en colère : violentes manifestations contre un projet imposé sans garanties foncières

La matinée du lundi 23 juin 2025 a été marquée par une vive agitation à Thiaroye-sur-Mer, où les populations locales ont exprimé leur colère face au projet de dépollution de la baie de Hann, qu’elles jugent imposé sans concertation ni garanties sur leurs droits fonciers. Des scènes de protestation ont paralysé la Route Nationale 1, provoquant des embouteillages massifs et une interruption quasi totale de la circulation.

Le point de tension s’est cristallisé aux abords du cinéma Thiaroye, où des jeunes manifestants ont érigé des barricades et mis le feu à des pneus, bloquant les deux voies de l’axe stratégique. La situation a rapidement dégénéré, transformant ce quartier de la banlieue dakaroise en un foyer incandescent de contestation. Plusieurs automobilistes ont été contraints de rebrousser chemin, pris au piège d’un chaos routier nourri par une vive exaspération populaire.

À l’origine de cette mobilisation : l’annonce de travaux liés à l’aménagement du quai de Thiaroye, dans le cadre du programme national de dépollution de la baie de Hann, soutenu par des bailleurs internationaux. Si le projet vise à améliorer l’environnement côtier, les habitants dénoncent une opération menée sans dialogue réel avec les communautés concernées.

« On ne peut pas nous imposer un projet alors que notre problème prioritaire, ce sont nos terres. On attend toujours les titres de propriété, et personne ne nous dit ce qu’il va advenir de nos maisons », déclare un jeune manifestant, visiblement frustré. La colère exprimée traduit une peur diffuse : celle d’une éviction ou d’une restructuration urbaine non maîtrisée, sans compensation équitable ni accompagnement social.

Les protestataires exigent des engagements clairs de la part des autorités, avant toute avancée du projet. Parmi leurs revendications figurent la régularisation foncière des parcelles occupées, un plan de restructuration urbaine inclusif et transparent, ainsi que l’implication formelle des populations dans chaque étape du projet. « On ne veut pas vivre un remake de ce qui s’est passé ailleurs, où des projets dits de modernisation ont fini par déloger les habitants », avertit un responsable de quartier.

Alors que la tension persiste, les autorités locales n’ont pas encore officiellement réagi aux événements. Toutefois, la nature et l’ampleur des manifestations de ce 23 juin interpellent sur la nécessité de repenser les modes de concertation entre l’État et les communautés locales, notamment dans les zones à forte pression foncière comme la banlieue dakaroise.

À Thiaroye-sur-Mer, la contestation populaire met en lumière un malaise profond : celui d’une population qui se sent ignorée dans les décisions qui affectent directement son avenir et son territoire. Le projet de dépollution, pourtant crucial pour la santé environnementale de la baie de Hann, pourrait ainsi être compromis si les préoccupations des habitants ne sont pas prises en compte avec sérieux et respect.

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