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Politique

Loi de Finances Rectificative 2025 : Le Sénégal revoit ses ambitions à la baisse mais injecte 500 milliards FCFA pour soulager son économie

Malgré un contexte économique mondial incertain et des défis internes croissants, le gouvernement sénégalais a adopté une Loi de Finances Rectificative (LFR) pour 2025, marquée par une double dynamique : un ajustement prudent des prévisions…

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Loi de Finances Rectificative 2025 : Le Sénégal revoit ses ambitions à la baisse mais injecte 500 milliards FCFA pour soulager son économie

Malgré un contexte économique mondial incertain et des défis internes croissants, le gouvernement sénégalais a adopté une Loi de Finances Rectificative (LFR) pour 2025, marquée par une double dynamique : un ajustement prudent des prévisions macroéconomiques et une réponse vigoureuse au besoin de liquidités internes, avec une enveloppe exceptionnelle de 500,9 milliards FCFA destinée au paiement des arriérés de la dette intérieure.

Initialement projetée à 10,7 %, la croissance du PIB pour l’année 2025 a été révisée à 8 %, une baisse significative mais toujours robuste dans un environnement sous tension. Cette révision prend en compte le ralentissement de l’activité économique mondiale, la modération des recettes attendues du secteur pétro-gazier, ainsi que les aléas climatiques pesant sur la campagne agricole.

Dans le même temps, le déficit budgétaire est réévalué à 7,82 % du PIB, bien au-dessus de la norme communautaire de l’UEMOA (3 %), traduisant la volonté du gouvernement de soutenir l’activité malgré les pressions sur les finances publiques. Ce niveau de déficit, quoique élevé, est justifié par la priorité donnée à la relance économique et au règlement de passifs pesants sur les entreprises nationales.

La grande annonce de cette LFR 2025 réside dans le dédblocage de 500,9 milliards FCFA pour le remboursement des arriérés de la dette intérieure. Cette mesure phare vise à soulager les entreprises nationales, particulièrement les PME, étranglées par les retards de paiement de l’État. Ce règlement attendu devrait :

Fluidifier la trésorerie des entreprises locales Stimuler l’investissement privé Renforcer la confiance entre les opérateurs économiques et l’administration Réduire les risques de faillites en cascade dans certains secteurs clefs (BTP, fourniture, services publics délégués, etc.)

En clair, c’est un signal fort envoyé aux acteurs économiques, dans un contexte où la relance repose en grande partie sur la vitalité du tissu productif national.

Le gouvernement sénégalais affiche ainsi une volonté affirmée de soutenir son économie tout en corrigeant ses projections avec réalisme. Le ministre des Finances a souligné que cette révision ne remet pas en cause les grandes priorités du Plan Sénégal Émergent (PSE), mais en ajuste les instruments pour mieux faire face aux urgences conjoncturelles.

Le Sénégal espère, avec ces mesures, stimuler la demande interne, restaurer la confiance des investisseurs, et préserver les acquis macroéconomiques dans la perspective d’une stabilisation à moyen terme. La consolidation des finances publiques reste un objectif, mais elle passe désormais par une relance ciblée et responsable, centrée sur la solvabilité de l’État vis-à-vis de ses partenaires économiques internes.

La LFR 2025 est à la fois un acte de réalisme budgétaire et un geste de confiance envers l’économie nationale. Le pari du gouvernement : payer ses dettes pour relancer la machine économique, tout en gardant le cap des réformes structurelles. Reste à voir si cette injection de liquidités portera les fruits escomptés et permettra au Sénégal de préparer une reprise solide, inclusive et durable à l’horizon 2026.

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