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Politique

Renforcement des pouvoirs du Premier ministre : Maurice Soudieck Dione met en garde contre un "scénario de 1962"

Maurice Soudieck Dione, enseignant-chercheur et Professeur agrégé de science politique à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, a invité les autorités sénégalaises à tirer les leçons de l’histoire afin d’éviter une crise institutionnelle aux…

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Renforcement des pouvoirs du Premier ministre : Maurice Soudieck Dione met en garde contre un "scénario de 1962"

Maurice Soudieck Dione, enseignant-chercheur et Professeur agrégé de science politique à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, a invité les autorités sénégalaises à tirer les leçons de l’histoire afin d’éviter une crise institutionnelle aux conséquences imprévisibles. Intervenant ce dimanche 29 juin dans l’émission Grand Jury sur RFM, il a rappelé l’épisode de 1962, marqué par l’affrontement entre Léopold Sédar Senghor et Mamadou Dia, qui avait conduit à une rupture profonde au sommet de l’État et à l’emprisonnement du président du Conseil.

S’adressant au duo présidentiel actuel, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, le politologue a insisté sur la nécessité de préserver une certaine complicité pour pouvoir discuter et trouver ensemble les solutions aux nombreux défis du pays.

Revenant sur les lenteurs constatées dans les réformes des services publics, Maurice Soudieck Dione a estimé qu’il fallait "donner du temps au temps". Selon lui, si le discours de rupture a été un marqueur fort de la campagne présidentielle et de la période d’opposition, l’exercice du pouvoir impose de la prudence, de l’intelligence et du tact. Il a mis en garde contre la tentation de confondre vitesse et précipitation, rappelant qu’une réforme structurelle exige une approche mesurée.

Le chercheur a souligné que le Sénégal disposait, depuis la Constitution de 1963, d’un cadre institutionnel relativement stable, basé sur un régime présidentiel fort qui a permis au pays de traverser 62 années sans crise majeure de succession, malgré certaines dérives autoritaires. Pour autant, il estime qu’il est temps de rationaliser le système en réduisant les pouvoirs concentrés entre les mains du président de la République, mais pas nécessairement pour les transférer massivement au Premier ministre.

À ses yeux, une telle évolution comporterait le risque de reproduire les tensions qui avaient opposé Senghor et Mamadou Dia, aboutissant à une crise grave de légitimité et d’équilibre institutionnel. Il a prévenu qu’"on ne peut pas avoir deux têtes dans un même bonnet", soulignant qu’un partage excessif des prérogatives risquerait d’installer une rivalité permanente au sommet de l’État.

Maurice Soudieck Dione a par ailleurs rappelé que les assises nationales avaient préconisé un renforcement des pouvoirs du Premier ministre, tandis que la Commission nationale de réforme des institutions, sous le président Macky Sall, s’était orientée vers une rationalisation des pouvoirs présidentiels, une option qu’il juge aujourd’hui "la plus pertinente".

Selon lui, cette approche permettrait notamment de garantir une meilleure séparation des pouvoirs et de limiter l’instrumentalisation de la justice. Il a plaidé pour une réforme visant à réduire l’influence du président sur le procureur de la République, afin que ce dernier ne soit plus un levier d’action contre des adversaires politiques.

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