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Justice

Indépendance judiciaire : Amnesty fustige la position des magistrats sénégalais sur le Conseil supérieur de la magistrature

Le directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama, a vivement critiqué la position des magistrats sénégalais sur l’indépendance de la justice, les accusant d’être en décalage par rapport aux standards de la sous-région et du reste du…

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Indépendance judiciaire : Amnesty fustige la position des magistrats sénégalais sur le Conseil supérieur de la magistrature

Le directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama, a vivement critiqué la position des magistrats sénégalais sur l’indépendance de la justice, les accusant d’être en décalage par rapport aux standards de la sous-région et du reste du monde.

Dans une déclaration publiée ce vendredi, M. Gassama a pointé du doigt ce qu’il qualifie de réticence des magistrats sénégalais à défendre leur propre indépendance institutionnelle. « Les magistrats sénégalais ne veulent pas de syndicat pour défendre leurs intérêts matériels et moraux, comme la plupart de leurs collègues de la sous-région et du monde. Ils sont aussi les seuls à ne pas vouloir le départ du Président de la République du Conseil supérieur de la magistrature », a-t-il dénoncé.

Cette sortie survient dans un contexte marqué par une recrudescence des tensions entre l’exécutif et certaines hautes juridictions. Le Premier ministre Ousmane Sonko a récemment lancé une charge virulente contre la Cour suprême et « certains magistrats », remettant en cause leur impartialité et leur loyauté envers le peuple.

Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), actuellement présidé par le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye, cristallise les débats depuis les Assises de la justice tenues récemment. Lors de ces consultations nationales, les magistrats ont adopté une posture prudente : ils ont laissé au président de la République le libre choix de rester ou de se retirer du CSM. Une position jugée ambiguë par plusieurs acteurs de la société civile, qui y voient un renoncement à une réforme jugée essentielle pour garantir l’indépendance de la justice.

Pour Seydi Gassama, cette posture frileuse traduit un refus d’émancipation. « Les magistrats doivent choisir entre rester dans une dépendance institutionnelle confortable ou s’affirmer en corps véritablement indépendant, au service exclusif de la loi », a-t-il ajouté dans un entretien en marge de sa déclaration.

L’indépendance de la justice était l’un des principaux axes du programme de réforme prôné par le duo Faye–Sonko durant la campagne présidentielle. Leur arrivée au pouvoir en mars 2024 avait nourri de grands espoirs quant à une refonte structurelle de l’appareil judiciaire. Mais la complexité des rapports entre les magistrats et l’exécutif, combinée à certaines résistances internes, freine visiblement l’agenda de réforme.

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