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Diplomatie

Expulsions de migrants : le Sénégal dans le viseur d’un vaste programme américain

Les États-Unis multiplient les démarches diplomatiques pour renvoyer chez eux des milliers de migrants africains en situation irrégulière sur leur territoire. Le Sénégal, avec près de 1 689 ressortissants en instance d’expulsion, figure parmi les pays les…

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Expulsions de migrants : le Sénégal dans le viseur d’un vaste programme américain

Les États-Unis multiplient les démarches diplomatiques pour renvoyer chez eux des milliers de migrants africains en situation irrégulière sur leur territoire. Le Sénégal, avec près de 1 689 ressortissants en instance d’expulsion, figure parmi les pays les plus concernés par cette politique renforcée.

Selon plusieurs sources concordantes, Washington cherche à conclure des accords de coopération avec des États africains afin de faciliter l’identification, la délivrance de laissez-passer consulaires et l’organisation logistique des retours. Parmi les pays ciblés figurent la Somalie, la Mauritanie, le Nigéria, le Ghana, la Guinée et le Sénégal, qui abritent les populations les plus importantes de ressortissants sous le coup d’un ordre d’expulsion.

Les autorités américaines invoquent des raisons juridiques : dépassement de séjour, condamnations pénales ou rejets de demandes d’asile. L’Immigration and Customs Enforcement (ICE), l’agence en charge des expulsions, défend son action comme étant « conforme à la législation fédérale ».

Mais du côté des organisations de défense des droits humains, l’inquiétude grandit. Le retour forcé de migrants dans des pays confrontés à des défis socio-économiques, des tensions politiques ou encore des manquements aux droits fondamentaux soulève des critiques. « Le Sénégal n’est pas en guerre, mais il n’est pas non plus prêt à absorber en masse des jeunes souvent sans attaches, stigmatisés et en situation de vulnérabilité à leur retour », estime un militant d’une ONG sénégalaise spécialisée dans la réinsertion.

Les expulsés risquent de faire face à de nombreuses difficultés : chômage structurel, manque de soutien psychologique, rejet social ou familial, voire arrestations arbitraires à leur arrivée pour ceux ayant des antécédents judiciaires.

Face à cette pression américaine, le Sénégal marche sur une ligne étroite. Dakar ne souhaite pas compromettre ses relations diplomatiques et économiques avec Washington, mais doit aussi composer avec une opinion publique de plus en plus sensible aux questions migratoires. Pour rappel, ces dernières années, le pays a connu une forte vague d’émigration irrégulière, notamment par voie maritime vers l’Espagne, mettant en lumière l’ampleur du désespoir économique de nombreux jeunes.

Si l’État accepte de coopérer avec les États-Unis, il devra aussi mettre en place des mécanismes d’accueil dignes pour ses ressortissants. À défaut, ce programme d’expulsion pourrait aggraver les tensions sociales et renforcer le sentiment d’abandon chez des milliers de jeunes Sénégalais.

Commentaires (1)

Le Vrai10/07/2025 à 20h02

La plupart sont des gens du projet. Donc, Sonko aura besoin d'eux et d'elles. Tounkara en tête pourra leur montrer comment fabriquer des idiots.