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Justice

Assane Diouf face à la justice : deux ans requis contre l’activiste sénégalais pour diffusion de fausses nouvelles

L’activiste sénégalais Assane Diouf a comparu ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Dakar pour répondre de plusieurs chefs d’accusation : diffusion de fausses nouvelles, offense à une autorité exerçant des prérogatives présidentielles et propos…

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Assane Diouf face à la justice : deux ans requis contre l’activiste sénégalais pour diffusion de fausses nouvelles

L’activiste sénégalais Assane Diouf a comparu ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Dakar pour répondre de plusieurs chefs d’accusation : diffusion de fausses nouvelles, offense à une autorité exerçant des prérogatives présidentielles et propos contraires aux bonnes mœurs. Une affaire à fort retentissement médiatique, alimentée par une vidéo publiée sur TikTok que le ministère public juge particulièrement compromettante.

À la barre, Assane Diouf a reconnu avoir tenu certains propos diffusés en ligne, tout en niant avoir explicitement visé le Premier ministre Ousmane Sonko. Se présentant comme un ancien lanceur d’alerte exilé aux États-Unis, il a déclaré n’avoir fait que « relater des faits déjà connus du public », notamment dans l’affaire Adji Sarr, à l’origine de nombreuses controverses depuis 2021. Sur les accusations de diffamation, il a fermement rejeté avoir traité le chef du gouvernement de « violeur », soulignant que « nulle part dans la vidéo » il n’avait employé ce terme.

Mais pour le ministère public, les faits sont « graves » et « établis ». Le parquet a insisté sur la portée des déclarations de l’activiste, notamment l’évocation de présumés cadeaux offerts par un chef d’entreprise au Premier ministre, sans la moindre preuve à l’appui. « Il s’agit d’accusations infondées, visant à discréditer une haute autorité de l’État », a martelé le procureur, avant de requérir deux ans de prison, dont six mois ferme. La demande de mise en liberté provisoire a été rejetée, au motif d’un risque de récidive.

La défense, assurée par Me Alioune Badara Fall et Me Aboubacry Barro, a plaidé la relaxe pure et simple. Les avocats ont estimé que les propos de leur client relevaient de la liberté d’expression et qu’en l’espèce, le Premier ministre ne pouvait être assimilé à une institution protégée par la loi contre les offenses. Ils ont également pointé l’absence d’éléments matériels prouvant une intention de nuire.

À l’issue de l’audience, le tribunal a mis l’affaire en délibéré au 7 août prochain, une décision très attendue tant par les défenseurs de la liberté d’expression que par les partisans de l’ordre républicain.

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