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Le monde / Afrique

Washington change de ton : vers un rapprochement stratégique entre les États-Unis et le Mali

La diplomatie américaine amorce un virage inattendu au Sahel. En pleine redéfinition des équilibres géopolitiques dans la région, les États-Unis, sous l’administration de Donald Trump, manifestent leur volonté de se rapprocher du Mali, désormais acteur…

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Washington change de ton : vers un rapprochement stratégique entre les États-Unis et le Mali

La diplomatie américaine amorce un virage inattendu au Sahel. En pleine redéfinition des équilibres géopolitiques dans la région, les États-Unis, sous l’administration de Donald Trump, manifestent leur volonté de se rapprocher du Mali, désormais acteur central d’un axe de coopération tourné vers la Russie, la Chine ou encore la Turquie.

C’est William B. Stevens, sous-secrétaire d’État adjoint pour l’Afrique de l’Ouest, qui a donné le ton lors de sa visite officielle à Bamako en début de semaine. Portant un message clair de la Maison-Blanche, il a exprimé le souhait de Washington de nouer un partenariat avec les autorités maliennes, notamment dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

« Ce serait vraiment une aubaine pour nous de collaborer avec le Mali », a-t-il déclaré devant la presse, soulignant que la menace croissante des groupes djihadistes – Al-Qaida, l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) ou encore le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) – constituait désormais un danger direct pour les intérêts américains dans la région.

Conscient du réalignement stratégique opéré par Bamako depuis la rupture avec la France et le départ des forces de Barkhane, l’émissaire américain a opté pour une posture conciliatrice face à l’influence croissante de la Russie. Interrogé sur la coopération militaire russo-malienne, William B. Stevens a évité toute critique frontale.

« Bamako est libre de collaborer avec qui il veut, et les États-Unis ne sont pas là pour dire comment les dirigeants doivent diriger leurs pays », a-t-il affirmé, adoptant une position résolument pragmatique, loin des tensions qui avaient marqué les relations entre le Mali et ses anciens partenaires occidentaux.

Cette déclaration tranche nettement avec l’attitude de la France, dont le retrait du Mali avait été précipité par l’arrivée d’instructeurs militaires russes, accusés par Paris d’ingérence sécuritaire.

Derrière cette main tendue américaine se dessine une volonté claire de ne pas laisser un vide diplomatique et sécuritaire que d’autres puissances – Russie en tête – ont su exploiter. Washington semble désormais prêt à adopter une approche plus flexible et moins idéologique pour préserver ses intérêts au Sahel.

Cette évolution marque aussi une reconnaissance implicite des nouveaux rapports de force dans la région. Le Mali, qui s’est engagé depuis 2021 dans une diversification de ses partenariats, semble aujourd’hui récolter les fruits de cette stratégie : il n’est plus seulement un récipiendaire d’aide, mais un partenaire courtisé.

Si la visite de William B. Stevens ne débouche pas immédiatement sur des accords concrets, elle témoigne néanmoins d’un changement de ton important. Reste à savoir si cette ouverture diplomatique sera suivie d’effets, et si les autorités maliennes, soucieuses de préserver leur souveraineté, accueilleront cette proposition sans y voir une tentative d’influence déguisée.

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