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Politique

Plan de redressement économique : Dr Seydou Bocoum évoque « une batterie de promesses avec un cadrage macroéconomique »

Le plan de redressement économique du gouvernement sénégalais, présenté récemment par le Premier ministre Ousmane Sonko, continue de faire réagir dans les cercles économiques et universitaires. Invité de l’émission Face au jury diffusée dimanche 3 août sur…

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Plan de redressement économique : Dr Seydou Bocoum évoque « une batterie de promesses avec un cadrage macroéconomique »

Le plan de redressement économique du gouvernement sénégalais, présenté récemment par le Premier ministre Ousmane Sonko, continue de faire réagir dans les cercles économiques et universitaires. Invité de l’émission Face au jury diffusée dimanche 3 août sur PressAfrikTV, l’économiste Dr Seydou Bocoum, expert en économie numérique, technologies financières et leadership, a livré une analyse critique de ce qu’il qualifie de « batterie de promesses » portée par un cadrage macroéconomique encore flou.

Vice-président du Laboratoire de Recherches Économiques et Monétaires (LAREM), Dr Bocoum a d’abord salué l’initiative de planification stratégique, tout en regrettant une absence de planification concrète. « Ce que le gouvernement a décliné n’est qu’un plan stratégique. Mais où se trouve la planification ? » s’est-il interrogé. Selon lui, un plan de redressement digne de ce nom devrait comporter des étapes clairement définies, des objectifs chiffrés (QPIA, Q index), un système de suivi et d’évaluation rigoureux. « Le Premier ministre n’a pas mentionné cela », a-t-il observé.

Dr Bocoum estime que l’exécutif aurait dû davantage parler d’ajustement plutôt que de redressement. « Redressement veut dire changement structurel », a-t-il insisté, rappelant qu’un programme a déjà été annoncé, sans avoir encore démarré. « Que va-t-il redresser ? », a-t-il interrogé, soulignant que le modèle économique actuel reste inchangé, et donc qu’il ne s’agit pas d’un tournant ou d’un renversement de trajectoire.

Il a par ailleurs critiqué la confusion entre vision à long terme et cadre budgétaire à court ou moyen terme. En effet, selon lui, « la vision 2050 », souvent citée comme une référence, sert principalement à rassurer les bailleurs de fonds et à capter les financements internationaux. « Ce n’est pas la même chose que le budget programme triennal 2025-2029 issu de la Stratégie nationale de développement (SND) », a-t-il précisé. Il a rappelé que la programmation budgétaire obéit aux règles strictes de l’UEMOA, qui impose des principes de clarté, de transparence et de prévisibilité.

Concernant la question de la dette, l’économiste a tenu à nuancer certains propos politiques récents. « Il n’y a pas de dette cachée à proprement parler. Ce à quoi certains font allusion relève du ‘misreporting’, une erreur ou un décalage dans la déclaration, mais ce n’est pas dissimulé », a-t-il clarifié. Selon lui, les dettes des États membres de l’UEMOA sont soumises à un encadrement rigoureux, ce qui rend difficile la dissimulation d’engagements financiers.

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