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Société

Sénégal : vers le rétablissement des droits de douane sur le riz brisé ordinaire

Le ministère de l’Industrie et du Commerce du Sénégal a officiellement saisi son homologue des Finances et du Budget pour demander le rétablissement des droits de douane de 10 % sur le riz brisé ordinaire, après plusieurs mois de suspension. Cette demande…

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Sénégal : vers le rétablissement des droits de douane sur le riz brisé ordinaire

Le ministère de l’Industrie et du Commerce du Sénégal a officiellement saisi son homologue des Finances et du Budget pour demander le rétablissement des droits de douane de 10 % sur le riz brisé ordinaire, après plusieurs mois de suspension. Cette demande formulée par voie de correspondance le 22 juillet 2025, intervient dans un contexte de baisse continue des prix du riz sur les marchés internationaux.

Dans cette lettre adressée au ministre Cheikh Diba, le ministère du Commerce souligne que la tendance à la baisse des cours mondiaux a entraîné une réduction significative des coûts d’importation. Pour les autorités commerciales, cette évolution du marché rend désormais obsolète la suspension temporaire des droits de douane qui avait été instaurée en réponse à une flambée des prix.

La mesure initiale avait été mise en œuvre en 2024 pour protéger le pouvoir d’achat des populations, lourdement affecté par la hausse des denrées alimentaires sur le marché international. Grâce à cette suspension, le riz brisé ordinaire, aliment de base consommé quotidiennement par plus de la moitié des Sénégalais, avait pu être maintenu à un prix relativement stable : d’abord à 410 F CFA le kilogramme en juin 2024, puis à 350 F CFA depuis avril 2025, notamment à Dakar.

Le retour des droits de douane à hauteur de 10 %, adossés à une valeur de référence de 210 000 F CFA, constitue donc un changement de cap que le ministère justifie par l’amélioration du contexte international. Cependant, cette décision soulève déjà des interrogations, voire des inquiétudes, sur ses conséquences pour les ménages, notamment les plus modestes.

Si la taxe douanière est effectivement réintroduite, plusieurs acteurs du secteur estiment qu’une hausse des prix du riz sur le marché intérieur est inévitable, à moins que l’État ne compense autrement ce surcoût pour les importateurs. Une telle situation risquerait de nuire à la stabilité sociale, alors que le riz brisé ordinaire reste le produit le plus consommé dans les foyers sénégalais, surtout dans les zones urbaines et périurbaines.

En toile de fond, cette proposition traduit aussi la volonté du gouvernement de réajuster ses leviers fiscaux, après plusieurs mois d’efforts pour contenir l’inflation. Elle pourrait aussi répondre à un besoin de renforcer les recettes douanières de l’État, dans un contexte budgétaire tendu.

Toutefois, les organisations de consommateurs et les acteurs de la société civile pourraient réagir dans les jours à venir, à mesure que les implications réelles de ce changement se feront sentir. Pour l’instant, le ministre des Finances n’a pas encore rendu publique sa décision.

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