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Société

Addiction aux jeux d’argent : le cri du cœur de Seydina Mohamed M. Gueye, fondateur de SOS PARIEURS

Dans les rues de Dakar, derrière l’agitation quotidienne, une réalité silencieuse et douloureuse prend de l’ampleur. L’addiction aux jeux d’argent, longtemps ignorée ou minimisée, s’impose aujourd’hui comme un fléau social qui dévaste des familles…

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Addiction aux jeux d’argent : le cri du cœur de Seydina Mohamed M. Gueye, fondateur de SOS PARIEURS

Dans les rues de Dakar, derrière l’agitation quotidienne, une réalité silencieuse et douloureuse prend de l’ampleur. L’addiction aux jeux d’argent, longtemps ignorée ou minimisée, s’impose aujourd’hui comme un fléau social qui dévaste des familles entières. Face à cette urgence, l'association SOS PARIEURS SENEGAL, fondée par Seydina Mohamed M. Gueye, tente de porter secours, malgré des moyens dérisoires et une stigmatisation persistante.

« Quand j’ai lancé SOS PARIEURS il y a deux ans, j’étais animé par une profonde volonté d’agir, de répondre à une souffrance trop souvent invisible », confie Seydina Mohamed M. Gueye, les traits marqués par l’engagement. Depuis, les appels à l’aide se sont multipliés : parents désemparés, jeunes pris dans la spirale des paris sportifs, couples brisés par les dettes... « On reçoit des témoignages bouleversants chaque jour. Et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. »

Avec la banalisation des paris en ligne et l’omniprésence des jeux de hasard, notamment dans les quartiers populaires, l’addiction gagne du terrain. Les plus jeunes sont particulièrement exposés, souvent sans réelle conscience des risques. Les dégâts sont multiples : isolement, dépression, perte de repères, voire tentatives de suicide.

Pourtant, l’association peine à suivre le rythme. « Nous manquons cruellement de ressources, confie le fondateur. Nous n’avons pas de siège fixe, pas de personnel salarié. Tout repose sur quelques bénévoles, courageux mais débordés. » L’urgence est là, mais les moyens manquent pour y répondre efficacement. Impossible, dans ces conditions, de mettre en place des dispositifs de suivi à long terme, ou d’élargir les campagnes de sensibilisation prévues.

Au-delà des contraintes matérielles, un autre obstacle pèse lourd : le tabou. « Beaucoup de personnes concernées n’osent pas demander de l’aide, par honte ou peur du jugement. L’addiction aux jeux reste perçue comme un échec personnel, alors qu’il s’agit d’un véritable trouble psychologique », explique Seydina Gueye.

Ce manque de reconnaissance sociale, doublé d’un vide institutionnel, empêche une prise en charge efficace. Dans le système de santé sénégalais, peu de structures sont spécialisées dans les addictions comportementales. « Les familles viennent vers nous, mais nous ne sommes pas des thérapeutes. Il est urgent de tisser des liens avec les psychologues, les hôpitaux, les écoles aussi, pour intervenir dès le plus jeune âge. »

Malgré l’adversité, SOS PARIEURS poursuit son combat avec détermination. Entre les permanences téléphoniques, les visites de terrain et le plaidoyer auprès des autorités, l’association fait de son mieux pour maintenir le lien avec les victimes et leurs proches.

Aujourd’hui, son fondateur lance un appel à la solidarité. « Nous ne pouvons pas faire face seuls. Chaque contribution compte, que ce soit un don, du temps offert en tant que bénévole, ou simplement relayer notre message. Ce combat est celui de toute la société. »

À travers ses mots, une conviction émerge : il est encore possible de faire reculer ce fléau, à condition que chacun prenne conscience de son ampleur. « L’addiction aux jeux d’argent peut être combattue. Ce n’est pas une fatalité. Mais pour y arriver, il faut que les pouvoirs publics, les médias, les citoyens s’unissent. Ensemble, nous pouvons sauver des vies. »

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