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Politique

Gouvernement de compromis : entre pressions, blocages et guerre froide au sommet de l’État

Annoncé depuis le 28 juillet, le nouveau gouvernement, censé porter le plan de redressement économique, est le fruit d’âpres négociations internes. Sa composition révèle davantage de concessions politiques que de choix stratégiques, laissant planer des…

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Gouvernement de compromis : entre pressions, blocages et guerre froide au sommet de l’État

Annoncé depuis le 28 juillet, le nouveau gouvernement, censé porter le plan de redressement économique, est le fruit d’âpres négociations internes. Sa composition révèle davantage de concessions politiques que de choix stratégiques, laissant planer des incertitudes sur la capacité de l’exécutif à gouverner efficacement.

La nomination des titulaires de la Justice et de l’Intérieur marque un tournant. Longtemps défendus par la présidence comme des bastions de neutralité, ces ministères ont finalement été cédés sous la pression du Premier ministre et de son camp. Ce choix confère à Ousmane Sonko et à ses proches un pouvoir inédit dans l’appareil sécuritaire et judiciaire. Pour nombre d’observateurs, cela ouvre la voie à un durcissement des pratiques répressives et à une possible instrumentalisation des procédures judiciaires dans la gestion des rivalités politiques.

Alors que le pays traverse une conjoncture difficile – hausse du coût de la vie, chômage des jeunes, fragilité de l’investissement – les attentes étaient fortes sur l’émergence d’une équipe compétente et soudée autour du plan de redressement. Or, plusieurs ministres critiqués pour leur manque de résultats ont été reconduits, par défaut d’accord entre le président et son Premier ministre. Ce statu quo traduit un arbitrage politique plutôt qu’une vision économique, laissant craindre un retard dans la mise en œuvre des réformes attendues.

Derrière les sourires officiels, la rivalité entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko reste palpable. L’un incarne la légitimité institutionnelle, l’autre revendique la légitimité politique et militante. Cette dualité installe une « guerre froide » au sommet, qui pourrait se diffuser insidieusement dans la haute administration et les institutions de la République. La stratégie présidentielle, consistant à temporiser et laisser pourrir la situation, apparaît comme un aveu de faiblesse. Mais ce choix pourrait à terme miner la stabilité du pays et la confiance des citoyens dans leurs dirigeants.

Ce gouvernement, né de compromis laborieux, illustre les limites d’un partage du pouvoir imposé par des équilibres politiques précaires. Loin d’incarner une dynamique de réforme, il s’apparente à une fragile coalition interne dont les contradictions risquent d’entraver l’action publique. Dans un contexte où la société sénégalaise attend des réponses rapides et concrètes, cette paralysie politique pourrait s’avérer lourde de conséquences.

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