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Justice

Harcèlement sexuel présumé : un industriel dakarois devant la justice

Le tribunal des flagrants délits de Dakar a examiné, ce lundi 3 novembre 2025, une affaire de harcèlement sexuel impliquant un industriel bien connu de la place, identifié sous les initiales P.M.T., directeur général d’une société installée dans la…

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Harcèlement sexuel présumé : un industriel dakarois devant la justice

Le tribunal des flagrants délits de Dakar a examiné, ce lundi 3 novembre 2025, une affaire de harcèlement sexuel impliquant un industriel bien connu de la place, identifié sous les initiales P.M.T., directeur général d’une société installée dans la capitale. L’homme d’affaires est poursuivi pour harcèlement sexuel et voies de fait sur son ancienne employée, A.S., qui l’accuse d’avoir abusé de son autorité hiérarchique pour tenter d’obtenir des faveurs intimes.

Selon la plainte déposée par Me Abdou Dialy Kane, avocat de la plaignante, A.S. a été recrutée en avril 2024 comme responsable des opérations dans l’entreprise dirigée par P.M.T. Elle y aurait travaillé jusqu’en juillet de la même année, avant de démissionner, invoquant un climat de harcèlement moral et sexuel qu’elle ne pouvait plus supporter. D’après son récit, l’industriel aurait multiplié les avances, les propos déplacés et les gestes inappropriés, allant jusqu’à tenter de l’embrasser dans son bureau.

Près d’un an après son départ, A.S. affirme avoir été de nouveau contactée par son ancien employeur dans le cadre d’un dossier judiciaire. Ce dernier lui aurait proposé de revenir occuper ses anciennes fonctions, mais à une condition : être, selon ses mots, « plus intime » avec lui. Elle soutient également que P.M.T. l’aurait menacée de poursuites pour malversations financières si elle refusait sa proposition.

Pour étayer sa version, la plaignante a remis aux enquêteurs un enregistrement audio jugé compromettant, dans lequel on entend la voix de P.M.T. tenir des propos à connotation sexuelle. À la barre, le prévenu a reconnu être l’auteur de ces paroles, tout en niant tout harcèlement. Il a déclaré qu’il s’agissait de « plaisanteries » et qu’il cherchait, selon ses termes, à « l’humilier pour la repousser ».

P.M.T. a en outre accusé son ex-employée d’avoir détourné environ 70 millions de francs CFA au moyen de faux documents comptables. Il a soutenu qu’elle aurait tenté de le piéger en l’enregistrant à son insu lors de leur dernière rencontre.

Les avocats de la défense, Me Youssou Guéye et Me Thioub, ont plaidé la relaxe, estimant que les faits de harcèlement sexuel n’étaient pas constitués. Selon eux, aucun lien de subordination n’existait entre P.M.T. et A.S. au moment où les faits allégués se seraient produits, celle-ci n’étant plus salariée de l’entreprise.

La partie civile, représentée par Me Abdou Dialy Kane, a pour sa part insisté sur la gravité des actes reprochés à l’industriel. L’avocat estime que les menaces et chantages évoqués par sa cliente démontrent clairement une tentative d’obtenir des faveurs sexuelles en échange d’avantages professionnels. Il a demandé au tribunal d’accorder à sa cliente le franc symbolique en guise de réparation morale.

Le procureur de la République, soulignant la gravité des faits et l’atteinte à la dignité de la victime, a requis l’application stricte de la loi pénale. Selon lui, les éléments du dossier révèlent un abus d’autorité manifeste, incompatible avec les principes de respect et d’éthique attendus d’un chef d’entreprise.

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