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Politique

Crise en Guinée-Bissau : Thierno Bocoum salue l’initiative présidentielle et tance Ousmane Sonko

Thierno Bocoum est revenu, ce vendredi, sur la gestion sénégalaise de la crise politique en Guinée-Bissau. Selon lui, le Président de la République a posé « un acte majeur », rappelant avec force que, dans le domaine de la politique étrangère, «…

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Crise en Guinée-Bissau : Thierno Bocoum salue l’initiative présidentielle et tance Ousmane Sonko

Thierno Bocoum est revenu, ce vendredi, sur la gestion sénégalaise de la crise politique en Guinée-Bissau. Selon lui, le Président de la République a posé « un acte majeur », rappelant avec force que, dans le domaine de la politique étrangère, « l’initiative et l’autorité reviennent pleinement au chef de l’État ». Pour l’ancien député, la réactivité du président face à la dégradation de la situation chez le voisin bissau-guinéen a démontré « une compréhension lucide des enjeux sécuritaires à nos frontières et surtout une volonté d’agir avant que la situation ne dégénère ».

Bocoum juge ainsi que, pour une fois, le président a pris les devants, rompant avec une dynamique où le Sénégal apparaît parfois entraîné par « des déclarations brouillonnes et des orientations improvisées » émanant du Premier ministre. Il accuse en effet Ousmane Sonko de chercher depuis plusieurs mois à imposer une « diplomatie personnelle », alignée selon lui sur des régimes « où la démocratie n’est qu’un parent pauvre » et où l’autoritarisme est présenté comme modèle.

L’ancien parlementaire reproche également à Ousmane Sonko certaines déclarations faites à l’Assemblée nationale, notamment lorsqu’il a évoqué l’existence d’une « combine » dans la gestion diplomatique de la crise. Une sortie que Thierno Bocoum estime dangereuse, dans un moment où « tout le Sénégal se mobilisait derrière ses institutions » pour prévenir les risques sécuritaires et politiques liés à l’instabilité en Guinée-Bissau. Il y voit une accusation gratuite, laissant sous-entendre une possible collusion entre le président déchu de Guinée-Bissau et les putschistes, ce qu’il juge « à contretemps, à contre-raison et à contre-intérêt national ».

Selon lui, Ousmane Sonko ravive par ailleurs ses anciennes critiques contre la CEDEAO, une organisation qu’il avait déjà attaquée par le passé. En s’exprimant ainsi, soutient Bocoum, le Premier ministre « s’exonère de la solidarité gouvernementale » et « fragilise la position internationale du Sénégal », au moment même où le président de la République conduit un processus diplomatique avec cette même CEDEAO pour contribuer à la stabilisation de la sous-région.

Thierno Bocoum rappelle d’ailleurs que le communiqué officiel publié le 27 novembre 2025 par le ministère de l’Intégration africaine a clairement affiché la position du Sénégal : condamnation de la prise de pouvoir par la force, exigence du rétablissement de l’ordre constitutionnel et appel à la libération immédiate des personnes arrêtées en Guinée-Bissau. Une « ligne claire, républicaine et responsable », souligne-t-il, que les propos du Premier ministre viennent inutilement brouiller.

Pour l’opposant, Ousmane Sonko s’éloigne du « cap national », s’isole « dans un entre-soi de flatteurs » et place son « ego là où devrait se trouver le sens de l’État ». Dans une crise aussi sensible, affirme-t-il, le Sénégal ne peut se permettre une « cacophonie au sommet », mais doit au contraire afficher une cohérence et une unité de doctrine.

Thierno Bocoum conclut en appelant à une posture plus institutionnelle et plus disciplinée au sein de l’exécutif, estimant que l’intérêt national doit primer sur les divergences politiques ou les ambitions personnelles.

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