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Politique

Leçons de parrainages au Sénégal : Historique, polémique et couacs dans le filtre électoral

Après deux semaines d'effervescence et de vérifications, le Conseil constitutionnel du Sénégal a dévoilé, le vendredi 12 janvier, la liste des candidats à l'élection présidentielle du 25 février 2024. Cependant, cette période de collecte et de contrôle des…

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Leçons de parrainages au Sénégal : Historique, polémique et couacs dans le filtre électoral

Après deux semaines d'effervescence et de vérifications, le Conseil constitutionnel du Sénégal a dévoilé, le vendredi 12 janvier, la liste des candidats à l'élection présidentielle du 25 février 2024. Cependant, cette période de collecte et de contrôle des signatures, marquée par le système de parrainage, n'a pas été exempte de controverses et de difficultés, tant du côté de la commission dédiée que des prétendants. Seneweb revient sur ce filtre électoral, source de vives polémiques.

Le système de parrainage, instauré par la loi constitutionnelle de mai 2018, vise à rationaliser les candidatures et à limiter les dépenses publiques pour assurer la fluidité des élections. Selon cette loi, pour valider une candidature, il est nécessaire d'obtenir 1% des inscrits sur le fichier électoral sous la forme de parrainages citoyens, dans au moins 7 régions du pays. Bien que ce système existât déjà pour les candidats indépendants depuis 1992, la réforme de 2018 l'a élargi à tous les prétendants à la présidence.

Les élections législatives de 2017, avec la participation de 47 listes différentes aux couleurs parfois similaires, ont marqué le point de départ de cette réforme. Face à ce foisonnement, l'État a dépensé environ 18 milliards de francs CFA pour l'organisation du scrutin. Les élections locales suivantes ont vu la présence de 2747 listes en lice, renforçant la nécessité de trouver des mécanismes pour rationaliser le processus électoral.

Malgré ces intentions louables, la loi sur le parrainage a suscité des critiques et des polémiques, notamment au sein de l'opposition. Les détracteurs de la réforme ont dénoncé un projet d'attentat au pluralisme politique, tandis que certains candidats ont considéré le parrainage comme un obstacle injuste à leur réélection.

En réponse à ces critiques, le président Macky Sall a lancé un dialogue national en mai dernier, qui a conduit à une révision de la Constitution en juillet 2023. Cette réforme a introduit un parrainage optionnel, offrant aux candidats le choix entre le parrainage citoyen et celui des élus.

Néanmoins, malgré ces ajustements, le parrainage continue de faire l'objet de controverses. Sur 93 candidats ayant déposé leur dossier, seuls 21 ont franchi cette étape. Certains dossiers ont été rejetés en raison de fichiers électroniques jugés inexploitables, suscitant des réclamations et des contestations de la part des candidats écartés.

Une question majeure concerne la transparence du logiciel utilisé par le Conseil constitutionnel pour le contrôle des parrainages. Les candidats recalés remettent en question l'algorithme, la fiabilité et l'absence de tests à grande échelle de ce logiciel. Le manque de détails techniques, tels que le langage de programmation ou le cahier des charges, alimente également les critiques.

La décision du Conseil constitutionnel de ne pas divulguer certains détails techniques du logiciel, combinée au nombre important de parrains non identifiés dans le fichier général des électeurs, soulève des interrogations sur la transparence du processus. Des candidats ont déposé des recours, et certains ont lancé l'opération "dogaali" (exterminer) contre le régime en place.

En attendant que la situation se clarifie, ces controverses mettent en lumière les défis persistants liés au système de parrainage au Sénégal et soulignent la nécessité de garantir la transparence et l'équité dans le processus électoral.

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