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Société

Pornographie clandestine au Sénégal : 152 vidéos, des millions en jeu et une filière démantelée par la gendarmerie

Une industrie souterraine, jusqu’ici opérant dans l’ombre, a été mise à jour par la Brigade de recherches de Keur Massar. Il s’agit d’un réseau de production et de diffusion de films pornographiques, estampillés « Made in Senegal », dont l’ampleur et…

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Pornographie clandestine au Sénégal : 152 vidéos, des millions en jeu et une filière démantelée par la gendarmerie

Une industrie souterraine, jusqu’ici opérant dans l’ombre, a été mise à jour par la Brigade de recherches de Keur Massar. Il s’agit d’un réseau de production et de diffusion de films pornographiques, estampillés « Made in Senegal », dont l’ampleur et l’organisation viennent d’être révélées après une enquête minutieuse et infiltrée. Cette opération a permis l’arrestation de plusieurs acteurs clés du réseau, dont le principal organisateur et plusieurs complices, tandis que de nombreux autres participants restent activement recherchés.

Selon les informations recueillies par Libération, six personnes ont été déférées hier au parquet de Pikine-Guédiawaye. Parmi elles figure Modou Seck, présenté comme commerçant, identifié comme le recruteur principal et acteur central de la filière. Ibrahima Diop, monteur-photographe et également acteur, Mariama Ka, commerçante et prostituée, ainsi que deux ressortissantes africaines résidant au Sénégal, la Nigériane Onugbu Lobth et la Congolaise Aissatou Cissokho, complètent ce groupe d’interpellés. Les mis en cause sont poursuivis pour une série d’infractions, dont association de malfaiteurs, proxénétisme, collecte et diffusion d’images à caractère personnel, menaces, chantage, mise en danger de la vie d’autrui, et défaut de carnet sanitaire.

L’enquête a mis au jour le rôle de Modou Seck dans le réseau, qui consistait à recruter les acteurs et actrices, majoritairement issus du milieu de la prostitution, pour des vidéos financées par deux administrateurs étrangers de plateformes pornographiques, opérant sous pseudonymes en Europe et gérant notamment Nandité.com et Nexna.com. Les tournages, réalisés dans des appartements meublés, étaient pris en charge par Ibrahima Diop, chargé du montage et de la réalisation des vidéos. Le recrutement et la communication avec les participants se faisaient essentiellement via Instagram, où une certaine « Chacha » approchait des « débutantes » et « débutants » attirés par des promesses de gains financiers.

L’affaire a été déclenchée après que des informations ont fait état de la diffusion de vidéos intimes sénégalaises sur des sites pornographiques internationaux. Pour confondre les auteurs, la gendarmerie a mis en place une infiltration, envoyant une femme gendarme se faire passer pour une actrice potentielle. Cette opération a permis l’arrestation initiale de Modou Seck, dont le téléphone portable contenait 152 vidéos pornographiques locales. L’analyse de ces contenus a révélé la participation d’acteurs et actrices sénégalais, mais aussi de ressortissants congolais et nigérians. Certaines scènes mettaient en scène des partouzes, avec des actrices parfois cagoulées, tandis que certains hommes, dont Modou Seck, apparaissaient à visage découvert.

Modou Seck a reconnu avoir généré des dizaines de millions de francs CFA grâce à ses activités, qui mêlaient production, rôle d’acteur et recrutement. Sa collaboration a permis de remonter progressivement le réseau et d’effectuer des perquisitions fructueuses. Chez Ibrahima Diop, la gendarmerie a saisi du matériel de tournage, des préservatifs, des produits divers utilisés lors des séances, ainsi qu’un gode noir visible sur certaines vidéos.

L’enquête est loin d’être close et plusieurs acteurs, actrices et recruteurs identifiés continuent d’être activement recherchés. Les autorités avertissent que cette filière clandestine, très lucrative et bien organisée, pourrait encore révéler d’autres ramifications, renforçant la vigilance sur la cybersécurité et la protection des mineurs et adultes vulnérables au Sénégal.

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