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Société

Litige foncier à Dakar : d’anciens ministres et grands patrons convoqués à la Sûreté urbaine

Une affaire foncière aux ramifications sensibles secoue les milieux politique et économique sénégalais. Ce vendredi, plusieurs personnalités de premier plan, allant d’anciens ministres à des capitaines d’industrie, sont convoquées à la Sûreté urbaine de…

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Litige foncier à Dakar : d’anciens ministres et grands patrons convoqués à la Sûreté urbaine

Une affaire foncière aux ramifications sensibles secoue les milieux politique et économique sénégalais. Ce vendredi, plusieurs personnalités de premier plan, allant d’anciens ministres à des capitaines d’industrie, sont convoquées à la Sûreté urbaine de Dakar. Elles devront s’expliquer sur l’occupation et la détention de vastes terrains que les héritiers de feu Mamadou Diagne revendiquent comme leur appartenant de manière exclusive.

Parmi les personnes citées dans ce dossier figurent Cheikh Kanté, ancien ministre et ex-Directeur général du Port autonome de Dakar, Abdoulaye Dia, PDG du groupe agroalimentaire Senico, Serigne Mboup, maire de Kaolack et figure bien connue du secteur privé à la tête du groupe CCBM, ainsi que Masse Sall, entrepreneur influent dans l’immobilier. Tous sont appelés à justifier la légalité des titres de propriété en leur possession portant sur plusieurs hectares situés le long de la route de Rufisque, dans la banlieue dakaroise, mais aussi dans le secteur stratégique de Grand-Dakar, au cœur du département de Dakar.

Selon les informations rapportées par L’Observateur, les héritiers de Mamadou Diagne soutiennent que ces terrains n’ont jamais fait l’objet d’une cession légale. Ils affirment être victimes d’un vaste système de spoliation reposant sur la falsification de documents administratifs, laquelle aurait permis l’établissement de nouveaux titres fonciers au profit de tiers. La famille Diagne dénonce ainsi une atteinte grave à son patrimoine, transmis de génération en génération, et réclame que toute la lumière soit faite sur les conditions d’attribution des titres contestés.

Face à ces accusations, les personnes mises en cause avancent des lignes de défense qui reposent principalement sur l’ancienneté des documents en leur possession. Déjà entendu par les enquêteurs, Masse Sall a produit un titre foncier qu’il affirme dater de 1950, soit quatre années avant celui invoqué par la famille Diagne, établi en 1954. Selon lui, cette antériorité suffirait à démontrer la légalité de ses droits et à écarter toute accusation d’occupation frauduleuse.

De son côté, Cheikh Kanté rejette catégoriquement les faits qui lui sont reprochés. Estimant que son honneur et sa réputation sont injustement mis en cause, l’ancien ministre a annoncé son intention de contre-attaquer sur le terrain judiciaire en déposant une plainte pour diffamation. Une démarche qui laisse présager une judiciarisation encore plus poussée de cette affaire déjà complexe.

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