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Société

Procès Ibrahima Dramé : deux ans de prison dont un ferme pour l’ancien commandant de la gendarmerie

Le tribunal correctionnel de Dakar a rendu, ce jeudi, son verdict dans l’affaire très médiatisée impliquant l’ancien commandant de la gendarmerie Ibrahima Dramé. Poursuivi pour menaces de mort, outrage à agent et atteinte à la sûreté de l’État à l’encontre…

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Procès Ibrahima Dramé : deux ans de prison dont un ferme pour l’ancien commandant de la gendarmerie

Le tribunal correctionnel de Dakar a rendu, ce jeudi, son verdict dans l’affaire très médiatisée impliquant l’ancien commandant de la gendarmerie Ibrahima Dramé. Poursuivi pour menaces de mort, outrage à agent et atteinte à la sûreté de l’État à l’encontre de plusieurs de ses supérieurs hiérarchiques, dont le général Moussa Fall, l’ex-officier a été reconnu coupable de l’ensemble des faits qui lui étaient reprochés. Il a écopé d’une peine de deux ans d’emprisonnement, dont un an ferme, mettant ainsi un terme, en première instance, à une procédure judiciaire qui a longtemps alimenté les débats dans les milieux sécuritaires et médiatiques, rapporte L’Observateur.

Selon le journal, le tribunal a tenu compte du fait que les colonels Abdou Mbengue et Cheikh Faye, également cités dans les messages incriminés, n’avaient formulé aucune demande de dommages et intérêts. Les juges ont en revanche réservé les intérêts civils du général Moussa Fall, laissant ainsi ouverte la possibilité d’une action indemnitaire ultérieure devant les juridictions compétentes.

Cette affaire revêt un caractère particulièrement sensible en raison de la qualité des protagonistes. Elle a opposé un ancien commandant de la gendarmerie à des hauts responsables encore influents au sein de l’appareil sécuritaire, notamment le général Moussa Fall. Comme le souligne L’Observateur, le verdict vient clore, du moins provisoirement, une procédure emblématique des tensions internes qui ont traversé l’institution ces dernières années.

Les faits remontent à une période marquée par un profond ressentiment de l’accusé. Lors des audiences tenues en décembre dernier, Ibrahima Dramé, âgé de 47 ans, avait reconnu être l’auteur des messages jugés menaçants adressés à ses supérieurs. Toutefois, il avait tenté d’en relativiser la portée, expliquant qu’il s’agissait avant tout de l’expression d’une colère accumulée au fil d’années de contentieux administratif et professionnel.

L’ex-commandant avait soutenu que sa carrière avait été « brisée » par une procédure qu’il estimait irrégulière et qu’il imputait directement au général Moussa Fall. Concernant le message adressé à ce dernier, il avait affirmé qu’il ne s’agissait nullement, selon lui, d’une menace de mort, mais plutôt d’un propos mal interprété, invoquant une certaine proximité liée au fait qu’il connaissait la famille du général pour avoir vécu à la caserne Faidherbe.

Toujours selon L’Observateur, l’audience avait été marquée par des témoignages jugés atténuants de la part des colonels Abdou Mbengue et Cheikh Faye. Le colonel Mbengue avait notamment déclaré ne pas avoir porté plainte et avoir éprouvé de la compassion pour Ibrahima Dramé, qu’il considérait « comme un petit frère ». Les deux officiers s’étaient clairement désistés de toute demande de réparation financière.

Malgré ces éléments, le parquet avait requis une peine plus sévère, sollicitant trois années de prison ferme, estimant que la gravité des faits et leur portée institutionnelle justifiaient une sanction exemplaire.

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