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FONDS D’APPUI ET DE DÉVELOPPEMENT DE LA PRESSE (FADP) : Le ministre de la Communication persiste dans l’illégalité

La tension monte entre les organisations patronales de presse et le ministère de la Communication. Dans une déclaration rendue publique ce 30 janvier 2026 à Dakar, le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) accuse le ministre de la…

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FONDS D’APPUI ET DE DÉVELOPPEMENT DE LA PRESSE (FADP) : Le ministre de la Communication persiste dans l’illégalité

La tension monte entre les organisations patronales de presse et le ministère de la Communication. Dans une déclaration rendue publique ce 30 janvier 2026 à Dakar, le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) accuse le ministre de la Communication de procéder à la distribution de l’aide publique à la presse 2025 dans « une opacité manifeste » et en violation des textes en vigueur.

Au cœur de la controverse : l’absence d’arrêté de répartition dûment pris et publié, document pourtant indispensable pour fixer les montants attribués aux entreprises bénéficiaires du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP). Selon le CDEPS, le ministre aurait engagé la distribution des fonds sans ce préalable légal, ce qui constituerait une entorse grave aux règles de gestion des deniers publics.

Les griefs des acteurs de la presse ne s’arrêtent pas là. Le CDEPS rappelle que la Cour suprême, dans un arrêt rendu le 11 décembre 2025, a annulé deux arrêtés ministériels portant sur la plateforme numérique d’identification des entreprises de presse ainsi que sur la Commission d’examen et de validation des déclarations. Malgré cette décision juridictionnelle définitive, le ministère a, le 24 décembre 2025, lancé un appel au dépôt de demandes de subvention, dans des conditions jugées « arbitraires » : une période du 24 au 27 décembre, incluant un jour férié, un vendredi écourté par la prière et un samedi non ouvrable. Pour le CDEPS, ce calendrier traduit une volonté d’exclure certains médias, notamment ceux qui avaient refusé de se soumettre à une plateforme déclarée illégale.

Les organisations APPEL et CDEPS affirment avoir saisi le ministre pour demander le report de la réunion du Conseil de gestion du FADP prévue le 29 décembre 2025 et l’ouverture d’une période normale et conforme au droit pour le dépôt des dossiers. Une requête restée, selon elles, sans suite.

Autre point de discorde : l’octroi de fonds à des structures comme le CORED, la Commission de la carte nationale de presse et la Maison de la Presse Babacar Touré. Le CDEPS soutient que ces attributions auraient été faites sans la réunion du Conseil de gestion, seul organe habilité à statuer sur la répartition de l’aide. Il dénonce également le fait que des entreprises de presse publiques aient bénéficié de l’aide, alors qu’elles sont déjà financées par le budget de l’État, rappelant que, historiquement, l’aide publique à la presse était destinée exclusivement aux médias privés.

Pour le CDEPS, ces décisions s’inscrivent dans une dynamique plus large de fragilisation de la presse privée sénégalaise, dans un contexte de troisième alternance politique. L’organisation appelle le ministre à « faire preuve de responsabilité républicaine » en prenant enfin l’arrêté de répartition du FADP 2025, dans la transparence et le respect du droit.

La déclaration est signée par Mamadou Ibra Kane, au nom du CDEPS, qui conclut en rappelant que « le JUB, le JUBEL et le JUBANTI ne sauraient prospérer que dans la transparence, le respect du droit et de la justice ».

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