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Economie

Croissance en berne : Babacar Gaye alerte sur un risque de 600 milliards de francs CFA de moins-values fiscales

L’économiste et consultant Babacar Gaye tire la sonnette d’alarme. Selon lui, le Sénégal pourrait enregistrer en 2026 « entre 560 et 600 milliards de francs CFA de moins-values fiscales », en raison d’un décalage significatif entre les prévisions de…

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Croissance en berne : Babacar Gaye alerte sur un risque de 600 milliards de francs CFA de moins-values fiscales

L’économiste et consultant Babacar Gaye tire la sonnette d’alarme. Selon lui, le Sénégal pourrait enregistrer en 2026 « entre 560 et 600 milliards de francs CFA de moins-values fiscales », en raison d’un décalage significatif entre les prévisions de croissance du gouvernement et celles du Fonds monétaire international (FMI).

Alors que les autorités sénégalaises tablent sur une croissance de 5 %, l’institution de Bretton Woods, à l’issue d’une mission effectuée à Dakar en novembre 2025, prévoit plutôt une progression de 3 %. Un écart de deux points qui, selon Babacar Gaye, est loin d’être anodin. « Le Fonds monétaire ne parle pas à la légère. Ses équipes ont ausculté une économie dont les fondamentaux hors hydrocarbures inquiètent », souligne-t-il, évoquant des fragilités persistantes dans les secteurs productifs traditionnels.

L’économiste explique que l’impact budgétaire d’un tel différentiel est mécanique. « Chaque point de croissance en moins se traduit par 1,2 point de recettes fiscales en moins. » Ainsi, avec deux points de croissance perdus par rapport aux projections officielles, ce serait 2,4 % du PIB qui risquerait de manquer à l’appel. Converti en valeur absolue, cela représenterait entre 560 et 600 milliards de francs CFA de recettes fiscales potentielles envolées.

Pour Babacar Gaye, l’enjeu dépasse la simple arithmétique budgétaire. Ce montant correspondrait à environ la moitié des ressources attendues dans le cadre du Plan de redressement économique et social (PRES), présenté par le gouvernement comme un levier central pour doper les recettes et restaurer les équilibres macroéconomiques. « C’est davantage que le budget annuel de plusieurs ministères réunis », insiste-t-il, mettant en perspective l’ampleur du choc potentiel.

Surtout, prévient-il, un tel manque à gagner pourrait compromettre la trajectoire de maîtrise du déficit public. Là où les autorités visent un déficit contenu à 5,37 % du PIB, l’écart de recettes induit par une croissance plus faible pourrait faire déraper les comptes au-delà de 7 % du PIB. Une situation qui exposerait davantage le pays à des tensions sur la dette et à un renchérissement du coût de financement sur les marchés.

Face à ce scénario, Babacar Gaye plaide pour une réaction rapide et pragmatique. Il recommande la préparation d’une Loi de finances rectificative (LFI) dès le second trimestre 2026, fondée sur une hypothèse de croissance médiane de 3,5 %. « Mieux vaut ajuster en cours de route que subir un dérapage incontrôlé », estime-t-il, invitant les autorités à privilégier la prudence budgétaire et la transparence dans la gestion des prévisions.

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