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Politique

Mise en accusation annoncée : Me Moussa Bocar Thiam contre-attaque et annonce son retour à Dakar

Me Moussa Bocar Thiam sort du silence. L’ancien ministre de la Communication sous la présidence de Macky Sall, également maire de Ourossogui et avocat inscrit aux barreaux de Paris et du Sénégal, a publié ce lundi une déclaration depuis son cabinet…

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Mise en accusation annoncée : Me Moussa Bocar Thiam contre-attaque et annonce son retour à Dakar

Me Moussa Bocar Thiam sort du silence. L’ancien ministre de la Communication sous la présidence de Macky Sall, également maire de Ourossogui et avocat inscrit aux barreaux de Paris et du Sénégal, a publié ce lundi une déclaration depuis son cabinet international basé dans le Golfe pour répondre aux informations faisant état d’une possible saisine de la Haute Cour de Justice par l’Assemblée nationale.

Alors que la Commission des Lois a examiné des projets de résolution visant d’anciens membres du gouvernement, l’ancien Agent judiciaire de l’État affirme ne nullement fuir ses responsabilités. Il annonce avoir décidé de prendre des congés professionnels afin de regagner Dakar « dans les prochains jours » et, selon ses termes, « faire face à ce régime à l’agonie ». Une posture offensive qui donne le ton d’une riposte à la fois juridique et politique.

Sur le terrain du droit, Me Thiam soutient être le seul ancien ministre poursuivi sans qu’aucun rapport d’un organe de contrôle ne mette en cause sa gestion. Il cite notamment la Cour des comptes, l’Inspection générale d’État (IGE), la CENTIF et l’Inspection générale des finances (IGF), affirmant qu’aucune de ces institutions n’a relevé d’irrégularités le concernant. Pour lui, cette absence de base factuelle affaiblit considérablement les accusations brandies contre sa personne.

L’ancien ministre avance également un argument de procédure qu’il juge déterminant. Il rappelle que le Conseil constitutionnel , dans sa décision n°2/C/2025 du 24 juillet 2025, aurait déclaré inconstitutionnel l’article 134 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale relatif à la Haute Cour de Justice. Selon son interprétation, cette décision priverait la procédure engagée contre lui de toute base légale solide, rendant contestable toute tentative de mise en accusation devant la juridiction compétente pour juger les anciens ministres.

Sur le fond du dossier, Me Thiam conteste vigoureusement la qualification des faits. Il s’interroge publiquement sur la possibilité de poursuivre un ministre pour détournement de deniers publics lorsque les sommes évoquées proviendraient, selon lui, de fonds privés versés à une entreprise privée, dans le cadre de travaux routiers officiellement réceptionnés par les services techniques de l’État. À ses yeux, l’élément matériel de l’infraction ferait défaut, ce qui viderait les poursuites de leur substance pénale.

Mais au-delà du débat juridique, l’ancien ministre assume une lecture résolument politique de la séquence. Il accuse le pouvoir en place de chercher des « contre-feux » face à des crises qu’il estime majeures, notamment la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba et les difficultés économiques du pays. Il évoque une « incompétence manifeste » du régime actuel et affirme que les poursuites engagées contre lui relèveraient davantage d’une stratégie de diversion que d’une volonté sincère de reddition des comptes.

Me Moussa Bocar Thiam dit pouvoir compter sur le soutien du Fouta et d’une partie de la diaspora, qu’il juge convaincus du caractère « bidon » des accusations. Il se montre catégorique quant à l’issue judiciaire qu’il anticipe, estimant qu’aucun magistrat ne saurait décerner un mandat de dépôt en l’absence d’un dossier solide, d’autant plus que, selon lui, « tous les acteurs de cette affaire sont libres ».

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