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Politique

Polémique sur des emprunts « occultes » : le FDR accuse le gouvernement de mettre en péril la souveraineté financière du Sénégal

Le Front pour la défense de la République (FDR) est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie d’emprunts « occultes et particulièrement toxiques » contractés par l’État du Sénégal. Dans un communiqué signé par sa conférence des leaders, l’opposition…

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Polémique sur des emprunts « occultes » : le FDR accuse le gouvernement de mettre en péril la souveraineté financière du Sénégal

Le Front pour la défense de la République (FDR) est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie d’emprunts « occultes et particulièrement toxiques » contractés par l’État du Sénégal. Dans un communiqué signé par sa conférence des leaders, l’opposition affirme que l’exécutif aurait mobilisé près d’un milliard de dollars à travers des mécanismes financiers jugés opaques, sans en informer ni les citoyens ni le Fonds monétaire international. Cette révélation, largement relayée par le Financial Times, a provoqué une onde de choc dans le paysage politique national, ravivant les inquiétudes sur la transparence dans la gestion des finances publiques.

Selon le FDR, le gouvernement aurait eu recours à des instruments financiers complexes appelés Total Return Swaps, souvent utilisés dans les marchés internationaux mais réputés pour leur opacité et leurs risques. Ces contrats, que l’investisseur Warren Buffett avait un jour qualifiés « d’armes financières de destruction massive », permettent de générer des liquidités en échange d’engagements futurs, parfois adossés à des actifs stratégiques. Pour l’opposition, ce type de montage expose dangereusement l’économie nationale, en contournant les mécanismes classiques de contrôle et de transparence.

Le Front soutient que ces opérations auraient été conclues dans la plus grande discrétion avec des institutions financières telles que Africa Finance Corporation et First Abu Dhabi Bank. Il estime que ces accords pourraient impliquer la mise en garantie d’actifs publics sans que ni le Parlement ni l’opinion publique n’en soient informés. Une situation que le FDR considère comme une atteinte grave aux principes de bonne gouvernance et à la souveraineté économique du pays.

Dans son communiqué, le mouvement dénonce également ce qu’il présente comme un double discours de la part des autorités. D’un côté, le gouvernement affirme que les partenaires internationaux étaient informés de ces opérations, une version que conteste le FDR en affirmant que certaines institutions auraient démenti toute connaissance de ces transactions. De l’autre, l’exécutif aurait tenté de justifier ces pratiques en les rattachant aux autorisations d’endettement votées en 2025, un argument que l’opposition juge hors sujet.

La réaction officielle, portée par le ministère des Finances et du Budget, a rejeté les accusations. Toutefois, pour le FDR, cette réponse ne traite pas le fond du problème, à savoir le recours présumé à des mécanismes financiers dissimulés et potentiellement dangereux. L’opposition y voit plutôt une tentative de masquer une détérioration de la situation financière du pays, déjà mise en évidence par les récentes dégradations de la note souveraine du Sénégal par les agences Moody’s et Standard & Poor’s.

Face à cette situation, le Front pour la défense de la République formule plusieurs exigences. Il appelle à la publication intégrale des contrats de swaps afin de faire toute la lumière sur leur contenu et leurs implications. Il demande également que soient précisés les actifs éventuellement engagés, les coûts financiers annuels ainsi que les commissions versées dans le cadre de ces opérations. Enfin, il exhorte l’Assemblée nationale à mettre en place une commission d’enquête parlementaire pour établir les responsabilités et garantir la transparence.

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