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Politique

Sénégal : Bassirou Diomaye Faye promulgue une loi durcissant les sanctions contre l’homosexualité, entre affirmation souveraine et critiques internationales

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a franchi une étape décisive dans la réforme du cadre légal encadrant l’homosexualité au Sénégal en promulguant, ce lundi 30 mars 2026, la loi récemment adoptée par l’Assemblée nationale. Le texte, désormais en…

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Sénégal : Bassirou Diomaye Faye promulgue une loi durcissant les sanctions contre l’homosexualité, entre affirmation souveraine et critiques internationales

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a franchi une étape décisive dans la réforme du cadre légal encadrant l’homosexualité au Sénégal en promulguant, ce lundi 30 mars 2026, la loi récemment adoptée par l’Assemblée nationale. Le texte, désormais en vigueur après sa publication dans le Journal officiel de la République, marque un durcissement significatif des sanctions pénales liées à ce que la législation sénégalaise qualifie d’« actes contre nature ».

Adoptée le 11 mars 2026 par les députés, cette nouvelle loi introduit des peines de prison plus lourdes à l’encontre des personnes reconnues coupables de pratiques homosexuelles. Désormais, celles-ci s’exposent à des peines allant de cinq à dix ans d’emprisonnement. Le texte va plus loin en élargissant le champ des poursuites aux personnes accusées de promouvoir, soutenir ou financer l’homosexualité, lesquelles encourent des peines comprises entre trois et sept ans de prison.

Cette évolution législative s’inscrit dans un contexte politique et sociétal marqué par une volonté affirmée des nouvelles autorités de renforcer ce qu’elles présentent comme des valeurs socioculturelles et morales propres au pays. Elle intervient également dans un climat de débats intenses, tant au niveau national qu’international.

En effet, plusieurs organisations internationales, dont Organisation des Nations unies et la Fédération internationale pour les droits humains, avaient appelé les autorités sénégalaises à renoncer à la promulgation de cette loi. Ces institutions ont exprimé leurs préoccupations quant à une possible atteinte aux droits fondamentaux, mais aussi aux conséquences sanitaires, notamment en matière de lutte contre le VIH, redoutant que la criminalisation accrue ne complique l’accès à la prévention et aux soins pour certaines populations.

Sur le plan diplomatique, cette décision a déjà produit des effets. La Wallonie a ainsi annoncé la suspension de sa coopération avec le Sénégal, illustrant les tensions que cette réforme pourrait engendrer avec certains partenaires internationaux.

Du côté des autorités sénégalaises, la promulgation de cette loi est assumée et défendue. Le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Amadou Ba, s’est publiquement félicité de cette décision. Dans une déclaration relayée sur les réseaux sociaux, il a salué une mesure qu’il considère comme nécessaire, estimant que la recrudescence des arrestations observée ces derniers jours témoigne de la pertinence du moment choisi pour agir. Il a également mis en cause l’ancien régime, qu’il accuse de complaisance, voire de protection à l’égard des personnes impliquées dans ces pratiques.

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