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Politique

Au sommet Africa Forward à Nairobi, Emmanuel Macron plaide pour une nouvelle relation économique avec l’Afrique

Le président français Emmanuel Macron a livré, ce lundi à Nairobi, un discours marqué par une volonté affichée de redéfinir les relations entre l’Afrique et ses partenaires occidentaux. Intervenant lors de l’ouverture du sommet Africa Forward, coorganisé…

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Au sommet Africa Forward à Nairobi, Emmanuel Macron plaide pour une nouvelle relation économique avec l’Afrique

Le président français Emmanuel Macron a livré, ce lundi à Nairobi, un discours marqué par une volonté affichée de redéfinir les relations entre l’Afrique et ses partenaires occidentaux. Intervenant lors de l’ouverture du sommet Africa Forward, coorganisé par le Kenya et la France, le chef de l’État français a estimé que le temps du modèle traditionnel de l’aide au développement était désormais dépassé.

Devant plusieurs dirigeants africains, responsables économiques et représentants de la société civile, Emmanuel Macron a repris une idée qu’il attribue au président kényan William Ruto : celle d’une Afrique qui ne souhaite plus être considérée sous l’angle de l’assistance. Dans une formule teintée d’ironie, le président français a déclaré : « Voilà ce qui est bon pour vous, on va vous aider… Ce n’est plus du tout ce dont l’Afrique a besoin et ce qu’elle veut entendre. »

Poursuivant son intervention, il a insisté sur le rejet croissant, par plusieurs pays africains, d’une relation jugée déséquilibrée avec les puissances occidentales. « Vous avez dit : Nous, on ne veut plus de ça ! On n’a pas besoin que vous nous aidiez… », a-t-il affirmé, avant d’ajouter dans un ton plus direct : « Et ça tombe bien parce que nous aussi, on n’en a plus totalement les moyens, si on est lucide. »

À travers cette déclaration, Emmanuel Macron semble vouloir promouvoir une coopération davantage tournée vers les investissements, les partenariats économiques et le soutien aux initiatives locales plutôt qu’un système centré sur l’aide publique au développement. Le président français a ainsi mis en avant les dynamiques économiques observées sur le continent, estimant que « l’Afrique est en train de réussir ».

Selon lui, le continent dispose aujourd’hui d’atouts majeurs, notamment sa jeunesse, ses ressources naturelles et ses perspectives de croissance. Il a toutefois souligné que cette dynamique devait s’accompagner d’investissements massifs afin de renforcer la souveraineté économique des États africains et de leur permettre de mieux répondre aux défis du développement, de l’emploi et de l’industrialisation.

Le chef de l’État français a également insisté sur l’interdépendance entre l’Afrique et l’Europe. Dans un contexte marqué par les crises migratoires, les tensions géopolitiques et les enjeux climatiques, Emmanuel Macron a estimé que le destin des deux continents restait étroitement lié. « Si vous échouez, on n’a aucune chance », a-t-il averti, évoquant notamment le risque d’une intensification des flux migratoires vers l’Europe. « Votre jeunesse quittera vos pays et on aura plein de tensions migratoires », a-t-il déclaré.

Ces propos interviennent alors que les relations entre plusieurs pays africains et la France connaissent depuis quelques années de profondes reconfigurations. Contestation de l’influence française, montée en puissance de nouveaux partenaires internationaux, volonté de souveraineté économique et sécuritaire : autant de facteurs qui poussent Paris à tenter de redéfinir sa présence et son discours sur le continent africain.

Le sommet Africa Forward, qui se tient les 11 et 12 mai 2026 à Nairobi, se veut justement une plateforme de réflexion sur les nouveaux modèles de coopération entre l’Afrique et ses partenaires internationaux, autour des questions d’investissement, de jeunesse, d’innovation et de souveraineté économique.

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