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Société

Le Pool judiciaire financier frappe fort : plus de 1 000 arrestations et des milliards de FCFA saisis

La lutte contre les biens mal acquis connaît une accélération sans précédent au Sénégal. Moins de deux ans après son installation officielle, le Pool judiciaire financier (PJF) s’impose déjà comme l’un des principaux instruments de l’État dans la traque de…

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Le Pool judiciaire financier frappe fort : plus de 1 000 arrestations et des milliards de FCFA saisis

La lutte contre les biens mal acquis connaît une accélération sans précédent au Sénégal. Moins de deux ans après son installation officielle, le Pool judiciaire financier (PJF) s’impose déjà comme l’un des principaux instruments de l’État dans la traque de la criminalité économique et financière. Selon les révélations du quotidien L’Observateur, cette juridiction spécialisée affiche des résultats spectaculaires, traduisant la volonté des autorités de renforcer la reddition des comptes et de durcir la répression contre les détournements de deniers publics, les fraudes financières et les réseaux criminels liés à l’économie souterraine.

Créé par la loi n°2023-15 du 2 août 2023 pour remplacer l’ancienne Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI), le Pool judiciaire financier a été officiellement installé en septembre 2024. Depuis sa mise en service, la machine judiciaire s’est rapidement mise en branle. D’après les chiffres obtenus par L’Observateur, le PJF a déjà procédé à 1 090 arrestations et transmis près de 600 dossiers aux cabinets d’instruction compétents.

Cette activité intense repose en grande partie sur les investigations et rapports transmis par plusieurs organes de contrôle de l’État. La Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), l’Inspection générale d’État (IGE) ainsi que la Cour des comptes figurent parmi les principaux pourvoyeurs de dossiers sensibles. Selon les informations publiées par le journal, 55 rapports émanant de la CENTIF ont été transmis aux juges d’instruction. À cela s’ajoutent neuf rapports de l’OFNAC et neuf autres provenant de l’IGE, dont plusieurs font déjà l’objet d’enquêtes approfondies ou de procédures judiciaires en cours.

Les montants concernés donnent la mesure de l’ampleur de cette offensive judiciaire. Les saisies et cautionnements en numéraire dépasseraient désormais les 35 milliards de FCFA. En parallèle, des cautionnements en nature estimés à près de 3,9 milliards de FCFA ont également été enregistrés, comprenant notamment six immeubles bâtis placés sous contrôle judiciaire.

Le patrimoine immobilisé par le PJF ne se limite pas aux avoirs bancaires et aux biens immobiliers classiques. Les enquêteurs ont également saisi 115 véhicules et une vingtaine de titres fonciers couvrant plus de 200 hectares. Plusieurs appartements, terrains et autres propriétés immobilières font actuellement l’objet de mesures conservatoires dans le cadre des procédures engagées.

Les investigations touchent aussi des secteurs liés à la criminalité transnationale. Des pirogues, moteurs hors-bord et équipements utilisés dans des réseaux d’émigration clandestine ont été récupérés par les autorités judiciaires. Divers matériels électroniques ont également été placés sous saisie dans le cadre d’enquêtes portant sur des opérations financières suspectes.

Face à l’ampleur des dossiers traités et à la complexité croissante des montages financiers, le Pool judiciaire financier estime toutefois que des moyens supplémentaires deviennent indispensables. Selon L’Observateur, les responsables de cette juridiction spécialisée plaident pour un renforcement significatif des effectifs, notamment à travers le recrutement d’assistants spécialisés et la création d’une unité d’enquête dédiée exclusivement aux crimes économiques et financiers.

La formation continue des magistrats, enquêteurs et experts impliqués dans ces procédures apparaît également comme un enjeu central. Les autorités judiciaires veulent adapter leurs méthodes à une criminalité financière de plus en plus sophistiquée, souvent marquée par des circuits internationaux de blanchiment, des sociétés écrans et des opérations complexes de dissimulation d’avoirs.

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