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Politique

Réintégration de Sonko à l’Assemblée : Anta Babacar dénonce un « braquage institutionnel »

La perspective d’un retour de Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale après son limogeage de la Primature continue d’alimenter une vive polémique sur la scène politique sénégalaise. Dans les rangs de l’opposition, la députée Anta Babacar, présidente du parti…

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Réintégration de Sonko à l’Assemblée : Anta Babacar dénonce un « braquage institutionnel »

La perspective d’un retour de Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale après son limogeage de la Primature continue d’alimenter une vive polémique sur la scène politique sénégalaise. Dans les rangs de l’opposition, la députée Anta Babacar, présidente du parti Alternative pour la relève citoyenne (ARC), est montée au créneau pour dénoncer une démarche qu’elle juge contraire aux textes en vigueur et dangereuse pour l’équilibre institutionnel du pays.

Dans une déclaration au ton ferme, la parlementaire estime que la réintégration de l’ancien Premier ministre au sein de l’hémicycle ne repose sur aucun fondement juridique solide. Selon elle, « le retour de Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale ne résiste pas à une lecture rigoureuse des textes ». Elle soutient que « la Constitution, le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale et le Code électoral récusent une telle possibilité ».

Pour Anta Babacar, la tentative de réinstallation du leader de Pastef s’apparente à un « braquage institutionnel » orchestré au mépris des règles qui encadrent le fonctionnement des institutions républicaines. La députée rappelle qu’au moment où Ousmane Sonko avait quitté son siège parlementaire pour exercer les fonctions de Premier ministre, le cadre juridique applicable ne prévoyait ni suspension automatique du mandat de député ni droit systématique à réintégration.

Elle insiste particulièrement sur la question de la temporalité des textes. D’après elle, vouloir s’appuyer aujourd’hui sur les réformes intervenues en 2025 pour justifier un retour à l’Assemblée reviendrait à appliquer rétroactivement une disposition nouvelle à une situation née avant son adoption. Une démarche qu’elle considère contraire au principe de sécurité juridique.

« Le droit applicable en décembre 2024 ne prévoyait ni suspension du mandat parlementaire ni droit automatique à réintégration. Appliquer aujourd’hui les dispositions de la réforme de 2025 pour justifier son retour reviendrait à créer une rétroactivité contraire à la sécurité juridique », a-t-elle expliqué.

Au-delà du cas Sonko, la présidente de l’ARC dit voir dans cette affaire le symptôme d’une dérive institutionnelle plus profonde. Elle accuse le régime de Pastef de multiplier les « passages en force parlementaires » à travers des procédures accélérées et des convocations qu’elle juge précipitées.

La députée s’interroge également sur les conditions dans lesquelles certaines réunions et concertations sont organisées, évoquant notamment des rencontres tenues durant des jours non ouvrables. Pour elle, cette manière de procéder fragilise progressivement les institutions et crée un climat politique tendu.

Face à ce qu’elle qualifie de situation « dangereuse », Anta Babacar appelle les citoyens à la vigilance et à la mobilisation afin de préserver l’État de droit et le respect des règles démocratiques. Selon elle, lorsqu’un pouvoir « commence à tordre les règles pour résoudre ses propres équations politiques, il fragilise l’État de droit, abîme la démocratie et expose le pays à des blocages institutionnels graves ».

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