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Société

Eau en sachet au Sénégal : une étude de l’UCAD alerte sur une contamination préoccupante

Une étude menée par des chercheurs de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar met en lumière de graves insuffisances sanitaires dans l’eau en sachet commercialisée au Sénégal. Présentés le 23 juin lors de la 5e Journée scientifique sur la sécurité sanitaire…

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Eau en sachet au Sénégal : une étude de l’UCAD alerte sur une contamination préoccupante

Une étude menée par des chercheurs de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar met en lumière de graves insuffisances sanitaires dans l’eau en sachet commercialisée au Sénégal. Présentés le 23 juin lors de la 5e Journée scientifique sur la sécurité sanitaire des aliments, les résultats de ces travaux soulèvent des inquiétudes quant à la qualité de l’eau consommée quotidiennement par des milliers de ménages.

Les chercheurs ont procédé à l’analyse de 100 échantillons provenant d’une cinquantaine de marques d’eau en sachet vendues à Dakar ainsi que dans plusieurs autres localités du pays. Les conclusions sont particulièrement alarmantes : 82 % des échantillons analysés contiennent des matières fécales et ne respectent pas les normes microbiologiques de potabilité en vigueur. Selon les auteurs de l’étude, ces produits doivent être considérés comme impropres à la consommation. À l’inverse, seuls 4 % des échantillons se sont révélés conformes aux exigences sanitaires.

Ces résultats relancent le débat sur le contrôle de la production et de la distribution de l’eau en sachet, un produit largement consommé en raison de son prix accessible et de sa disponibilité dans les quartiers urbains comme dans de nombreuses localités de l’intérieur du pays. Les chercheurs estiment qu’un renforcement des inspections, de la traçabilité et du suivi des unités de production apparaît indispensable afin de mieux protéger les consommateurs.

L’étude ne s’est pas limitée à l’eau en sachet. Les équipes de recherche ont également examiné plusieurs épices de grande consommation. Les analyses ont révélé la présence de bactéries potentiellement dangereuses pour la santé, susceptibles d’augmenter les risques d’infections alimentaires lorsque les produits sont mal conservés ou insuffisamment traités avant leur utilisation.

Dans la zone des Niayes, les chercheurs se sont aussi intéressés aux cultures de piment. Les investigations ont mis en évidence une contamination importante des sols par des résidus de pesticides. Cette situation pourrait avoir des conséquences sur la qualité des produits agricoles et sur l’exposition des populations aux substances chimiques utilisées dans les exploitations.

Pour les scientifiques, l’ensemble de ces constats démontre que les risques de contamination peuvent survenir à toutes les étapes de la chaîne alimentaire, depuis la production agricole et la transformation des denrées jusqu’à leur distribution et leur consommation. Ils plaident pour une approche globale associant les autorités sanitaires, les producteurs, les transformateurs et les consommateurs afin d’améliorer durablement la sécurité des aliments.

Les chercheurs rappellent enfin que les maladies d’origine alimentaire demeurent un enjeu majeur de santé publique à l’échelle mondiale. Selon les données présentées lors de la rencontre scientifique, elles touchent près de 866 millions de personnes chaque année et provoquent environ 1,52 million de décès. Dans ce contexte, les résultats obtenus au Sénégal constituent un signal d’alerte qui appelle à des mesures rapides pour renforcer la surveillance sanitaire et garantir aux populations l’accès à des produits sûrs et conformes aux normes en vigueur.

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