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Politique

Réformes constitutionnelles : le Dr Doudou Sall plaide pour une transformation en profondeur de la gouvernance publique

Alors que le Sénégal est engagé dans un Dialogue national consacré aux réformes institutionnelles et constitutionnelles, les réflexions sur la modernisation de l’État se multiplient. Dans ce contexte, les travaux du Dr Doudou Sall viennent alimenter le…

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Réformes constitutionnelles : le Dr Doudou Sall plaide pour une transformation en profondeur de la gouvernance publique

Alors que le Sénégal est engagé dans un Dialogue national consacré aux réformes institutionnelles et constitutionnelles, les réflexions sur la modernisation de l’État se multiplient. Dans ce contexte, les travaux du Dr Doudou Sall viennent alimenter le débat sur les limites du fonctionnement de l’administration publique et les pistes de réforme susceptibles d’améliorer sa performance.

Ancien haut gradé de la Gendarmerie nationale et docteur en Sciences de gestion, le Dr Doudou Sall publiait au début de l’année 2026 un ouvrage intitulé « Hiérarchie et contre-performance de l’administration publique au Sénégal : les exemples de la gestion du Covid-19 et des manifestations de mars 2021 ». S’appuyant sur trente-six années d’expérience au sein de l’appareil d’État, l’auteur propose une analyse critique du mode de gouvernance administrative qu’il considère comme l’une des principales causes des dysfonctionnements observés dans la gestion publique.

Au cœur de son argumentaire figure la forte concentration du pouvoir décisionnel entre les mains du président de la République. Selon lui, le cadre institutionnel actuel, qui confère au chef de l’État un pouvoir exclusif de nomination aux principaux emplois civils et militaires, favorise une centralisation excessive de l’autorité. Cette situation, estime-t-il, crée une dépendance permanente des responsables administratifs vis-à-vis du pouvoir politique et affaiblit leur autonomie dans l’exercice de leurs missions.

Le chercheur considère que ce système encourage davantage les logiques de fidélité politique que les critères de compétence et de mérite. Dans un tel environnement, les initiatives individuelles sont souvent freinées par la crainte de déplaire à la hiérarchie, tandis que les informations stratégiques restent fortement centralisées. À ses yeux, cette culture administrative contribue à démobiliser les agents publics, ralentit la prise de décision et limite l’efficacité des politiques publiques.

L’ouvrage s’intéresse également à la question sensible des fonds politiques, un sujet qui alimente régulièrement le débat public au Sénégal. Pour le Dr Doudou Sall, ces ressources financières illustrent les dérives possibles d’un système où les mécanismes de contrôle demeurent insuffisants. Il souligne que ces fonds, dont les montants ont considérablement augmenté au fil des années, échappent encore largement à un contrôle indépendant et transparent.

Selon son analyse, cette absence de redevabilité favorise leur utilisation à des fins de consolidation de réseaux politiques ou de clientélisme, au détriment de leur vocation initiale. Une telle situation, estime-t-il, nourrit la défiance des citoyens envers les institutions publiques et entretient un climat propice à la corruption et aux inégalités.

Au-delà du constat, le Dr Doudou Sall formule plusieurs propositions de réforme. Il appelle notamment à un encadrement plus strict du pouvoir de nomination du président de la République afin de renforcer l’indépendance de l’administration et de mieux distinguer les intérêts de l’État de ceux du pouvoir politique.

L’auteur plaide également pour une évolution profonde du modèle de management public. Il estime que l’administration sénégalaise doit progressivement abandonner une culture fondée sur le commandement vertical et le contrôle permanent pour adopter un leadership davantage participatif, responsabilisant et orienté vers les résultats.

Dans cette perspective, il recommande de renforcer la transparence dans la gestion des affaires publiques, de limiter le recours abusif au secret administratif et de donner davantage d’autonomie aux fonctionnaires dans l’exercice de leurs responsabilités. Pour lui, une administration moderne doit avant tout être capable de placer le citoyen au centre de son action tout en favorisant la responsabilisation des agents publics.

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