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Refondation de l’école : un nouveau fonds lancé pour renforcer durablement le financement de l’éducation

Le ministère de l’Éducation nationale franchit une nouvelle étape dans son vaste chantier de refondation du système éducatif avec la mise en place du Fonds Autonome de Financement de l’Éducation (FAFE). Cette nouvelle structure financière a pour ambition…

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Refondation de l’école : un nouveau fonds lancé pour renforcer durablement le financement de l’éducation

Le ministère de l’Éducation nationale franchit une nouvelle étape dans son vaste chantier de refondation du système éducatif avec la mise en place du Fonds Autonome de Financement de l’Éducation (FAFE). Cette nouvelle structure financière a pour ambition de mobiliser des ressources complémentaires afin de soutenir les investissements dans le secteur, dont les besoins ne cessent de croître face aux défis liés à la démographie scolaire, aux infrastructures et à la qualité des apprentissages.

L’annonce a été faite à l’occasion d’une rencontre réunissant le ministre de l’Éducation nationale et plusieurs anciens responsables ayant dirigé ce département. Cette concertation, inédite dans sa forme, s’inscrit dans une volonté de bâtir une réforme durable en s’appuyant sur les expériences accumulées au fil des décennies.

Le ministère rappelle que le budget annuel consacré à l’éducation atteint aujourd’hui près de 900 milliards de francs CFA. Malgré cet effort financier important de l’État, les besoins demeurent considérables. Le déficit en salles de classe, l’insuffisance du personnel enseignant, les conditions d’apprentissage parfois précaires et les exigences liées à la modernisation du système éducatif continuent de freiner les performances du secteur.

Au cours des échanges, les anciens ministres ont dressé un constat largement partagé : les difficultés qui affectent l’école sénégalaise sont récurrentes depuis près de vingt ans. Selon eux, les différents gouvernements ont certes engagé de nombreuses réformes, mais les ressources budgétaires classiques ne permettent pas, à elles seules, de répondre à l’ensemble des attentes. La création du FAFE apparaît ainsi comme une réponse destinée à élargir les capacités de financement de l’éducation sans se limiter aux seules dotations de l’État.

Le nouveau fonds reposera sur plusieurs sources de financement. Les autorités comptent d’abord sur la contribution de la diaspora sénégalaise, déjà fortement impliquée dans le soutien à de nombreux projets éducatifs et sociaux. Le FAFE offrira désormais un cadre structuré permettant d’orienter et de mieux coordonner ces contributions.

Le ministère entend également renforcer la coopération avec les partenaires techniques et financiers. Les interventions de ces derniers seront davantage harmonisées afin d’améliorer leur efficacité et d’éviter la dispersion des financements sur des projets isolés.

Les entreprises privées seront également appelées à participer à cet effort à travers leurs programmes de responsabilité sociétale. Le gouvernement souhaite ainsi encourager le secteur privé à investir davantage dans la construction d’infrastructures scolaires, l’équipement des établissements, la formation et les initiatives favorisant l’amélioration des conditions d’apprentissage.

Autre innovation majeure annoncée : une partie des recettes issues de l’exploitation du pétrole et du gaz sera orientée vers un fonds intergénérationnel destiné à soutenir durablement le développement de l’éducation. Les autorités souhaitent utiliser une fraction de ces nouvelles ressources nationales dès à présent pour financer des investissements prioritaires, notamment dans le domaine de la petite enfance, considérée comme un levier essentiel pour améliorer les performances futures du système éducatif.

Au-delà de la question du financement, la rencontre a également mis en lumière la nécessité de préserver la mémoire institutionnelle. Le ministère estime que les départs successifs des responsables de l’administration, qu’ils soient issus des secteurs public, privé, civil ou militaire, entraînent une perte importante d’expériences et de savoir-faire. Pour éviter cette rupture dans la transmission des connaissances, les autorités souhaitent instaurer un dialogue permanent avec les anciens décideurs afin de capitaliser leurs expériences et de les intégrer dans le processus de réforme.

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