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Politique

Élections locales au Sénégal : Aminata Touré ouvre la voie à un scrutin en 2027

La question de la date des prochaines élections locales continue d’alimenter les débats politiques au Sénégal. Alors que l’opposition et plusieurs acteurs de la société civile estiment que le renouvellement des conseils municipaux et des maires doit…

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Élections locales au Sénégal : Aminata Touré ouvre la voie à un scrutin en 2027

La question de la date des prochaines élections locales continue d’alimenter les débats politiques au Sénégal. Alors que l’opposition et plusieurs acteurs de la société civile estiment que le renouvellement des conseils municipaux et des maires doit intervenir avant le 23 janvier 2027, une nouvelle déclaration venue du camp présidentiel relance les interrogations sur un éventuel décalage du calendrier électoral.

Dans une interview accordée à RFI ce vendredi matin, Aminata Touré, superviseure générale de Kiiraay – Les Patriotes républicains, le nouveau parti présidentiel lancé le 25 juillet dernier, a affirmé que le président Bassirou Diomaye Faye dispose d’une marge de manœuvre jusqu’à la fin de l’année 2027 pour organiser les élections locales.

Pour justifier cette position, l’ancienne Première ministre s’est référée à l’article 269 du Code électoral. Elle estime que cette disposition permet, dans certaines circonstances, d’organiser le scrutin au cours de la cinquième année du mandat des conseillers municipaux.

« Parler de report, cela voudrait dire qu’on se situe en dehors de la loi. Mais l’article 269 du Code électoral est très clair. Il dit que l’élection peut se tenir dans la cinquième année du mandat. Donc le président a toute l’année 2027 pour organiser ces élections-là », a déclaré Aminata Touré.

Cette lecture du Code électoral intervient alors que le débat sur le calendrier des élections territoriales prend une dimension de plus en plus politique. La perspective d’un scrutin au-delà du 23 janvier 2027 suscite en effet des interrogations au sein de l’opposition et de la société civile, qui considèrent cette date comme une échéance majeure pour le renouvellement des exécutifs locaux.

La déclaration d’Aminata Touré pourrait ainsi être interprétée comme un signal indiquant que le pouvoir ne s’interdit pas d’utiliser les dispositions prévues par le Code électoral pour repousser l’organisation du scrutin, sans pour autant sortir du cadre légal. La responsable de Kiiraay insiste toutefois sur le fait qu’il ne s’agirait pas, selon elle, d’un « report » au sens d’une violation de la loi, mais d’une possibilité explicitement prévue par les textes.

Au-delà de la question juridique, cette perspective intervient dans un contexte politique marqué par la structuration du nouveau parti présidentiel. Créé le 25 juillet 2026, Kiiraay – Les Patriotes républicains ambitionne de s’imposer comme une force politique majeure en vue des prochaines échéances électorales. Le parti s’est notamment fixé comme objectif de conquérir un grand nombre de collectivités territoriales lors des prochaines élections municipales.

Des critiques estiment dès lors qu’un décalage des élections pourrait offrir davantage de temps au camp présidentiel pour consolider son implantation politique et renforcer ses structures à travers le pays. Une accusation que Aminata Touré rejette catégoriquement.

« Nous, en tout cas au niveau de Kiiraay, nous n’avons pas de problème de temps, nous sommes prêts à aller aux élections à tout moment, conformément aux dispositions légales », a-t-elle assuré.

Pour la responsable du parti présidentiel, la question ne serait donc pas liée au degré de préparation de Kiiraay, mais au respect du cadre juridique qui encadre le renouvellement des collectivités territoriales.

Reste que l’organisation des élections locales ne dépend pas uniquement d’une déclaration politique. La convocation du corps électoral par décret présidentiel constitue une étape préalable indispensable à la tenue du scrutin. C’est donc au chef de l’État qu’il reviendra, le moment venu, de fixer officiellement la date des élections conformément aux dispositions en vigueur.

Cette perspective risque néanmoins de raviver les tensions entre le pouvoir exécutif et la majorité parlementaire conduite par Ousmane Sonko. L’ancien Premier ministre et actuel président de l’Assemblée nationale a déjà fait savoir qu’il n’accepterait pas un report des élections locales, alors que son camp demeure particulièrement attentif à l’évolution du calendrier électoral.

Le débat pourrait ainsi rapidement dépasser la seule question de l’interprétation de l’article 269 du Code électoral pour devenir un nouvel enjeu politique entre le camp présidentiel, l’opposition et la majorité parlementaire.

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