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Justice

Lanceurs d’alerte au Sénégal : Me Moussa Sarr appelle à une protection effective et à des signalements responsables

Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Moussa Sarr, a plaidé, ce mercredi 21 octobre 2026 à Dakar, pour une protection renforcée et effective des lanceurs d’alerte au Sénégal. Il a toutefois insisté sur la nécessité de préserver les droits des personnes mises en cause et de prévenir les dénonciations abusives, afin que le signalement de faits répréhensibles demeure un instrument au service de l’intérêt général.

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Lanceurs d’alerte au Sénégal : Me Moussa Sarr appelle à une protection effective et à des signalements responsables

Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Moussa Sarr, a plaidé, ce mercredi 21 octobre 2026 à Dakar, pour une protection renforcée et effective des lanceurs d’alerte au Sénégal. Il a toutefois insisté sur la nécessité de préserver les droits des personnes mises en cause et de prévenir les dénonciations abusives, afin que le signalement de faits répréhensibles demeure un instrument au service de l’intérêt général.


Le Sénégal dispose déjà d’un cadre juridique consacré à la protection des lanceurs d’alerte, institué par la loi n° 2025-14 du 4 septembre 2025. Ce dispositif vise à encadrer les démarches de signalement et à offrir des voies permettant de porter à la connaissance des autorités compétentes des faits susceptibles de porter atteinte à l’intérêt général.


Le texte prévoit deux mécanismes de signalement. Le premier consiste à saisir un référent interne au sein de la structure concernée. Le second permet de transmettre directement les informations à l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC), institution chargée de contribuer à la prévention et à la lutte contre la corruption.


À travers ces mécanismes, le législateur entend faciliter la remontée d’informations susceptibles de révéler des irrégularités, tout en offrant un cadre légal aux personnes qui décident de signaler des faits dont elles ont connaissance. L’efficacité de ce dispositif dépend cependant de son application, mais également de la confiance que les citoyens et les agents concernés peuvent lui accorder.


Dans cette perspective, Me Moussa Sarr a souligné l’importance de trouver un juste équilibre entre la protection des lanceurs d’alerte et le respect des droits des personnes visées par les signalements. Si les premiers jouent un rôle essentiel dans la révélation de faits susceptibles de nuire à la collectivité, les secondes doivent également bénéficier des garanties nécessaires pour éviter que des accusations infondées ne portent atteinte à leur réputation ou à leurs droits.


Le ministre de la Justice a ainsi mis en garde contre toute confusion entre l’alerte motivée par la volonté de défendre l’intérêt général et la dénonciation inspirée par des considérations personnelles. Pour lui, la légitimité d’un signalement repose notamment sur sa finalité et sur la responsabilité de la personne qui le formule.


« L’alerte sert l’intérêt général ; la délation sert une rancune ou un intérêt particulier », a-t-il déclaré, rappelant ainsi la distinction entre une démarche visant à contribuer à la transparence et à la bonne gouvernance et une dénonciation utilisée comme moyen de régler des différends personnels.

Cette mise en garde souligne les enjeux liés à la mise en œuvre du dispositif légal. La protection des lanceurs d’alerte doit leur permettre de signaler des faits préoccupants sans crainte de représailles, tout en évitant que ce mécanisme ne soit détourné à des fins de règlement de comptes ou de déstabilisation de personnes.


Au-delà de l’existence d’un cadre juridique, le défi consiste donc à garantir des conditions de signalement suffisamment sûres, transparentes et crédibles pour encourager les révélations de bonne foi. Il s’agit également de veiller à ce que les informations transmises puissent être examinées avec rigueur, dans le respect des procédures et des droits de toutes les parties.


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