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Affaire Bachir Fofana : entre liberté de la presse, justice sélective et rupture introuvable ( Par Par Mouhamed Samb, journaliste )

Le journaliste d’abord Comme tout journaliste, Bachir Fofana bénéficie de la liberté d'expression garantie par la Constitution. Cette liberté fondamentale lui permet d’analyser l’actualité, d’interroger les faits et de livrer ses lectures, aussi critiques…

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Affaire Bachir Fofana : entre liberté de la presse, justice sélective et rupture introuvable ( Par Par Mouhamed Samb, journaliste )

Le journaliste d’abord
 Comme tout journaliste, Bachir Fofana bénéficie de la liberté d'expression garantie par la Constitution. Cette liberté fondamentale lui permet d’analyser l’actualité, d’interroger les faits et de livrer ses lectures, aussi critiques soient-elles. On peut ne pas partager ses positions, on peut même remettre en question l’équilibre de certaines de ses analyses — cela ne fait pas de lui un journaliste de moindre valeur.

Le journalisme est un métier à risque. L’erreur peut exister, une source peut se révéler fragile. Cela fait partie de l’exercice. Mais arrêter un journaliste dans le cadre de ses fonctions revient à porter atteinte à cette liberté d’expression, socle de toute démocratie. Il existe des mécanismes de régulation, comme le CORED, qui peuvent être mobilisés pour arbitrer ce type de situations — à condition qu’ils soient renforcés et réellement opérationnels.

Concernant l’affaire du marché des véhicules, pourquoi l’Assemblée nationale n’a-t-elle pas jugé utile de publier un démenti formel aux affirmations de Bachir Fofana ? Pourquoi tarde-t-elle à éclairer l’opinion sur le choix supposé d’une entreprise étrangère pour ce marché public ? Et si violation du principe de préférence nationale il y a, pourquoi ne pas la clarifier, documents à l’appui ? Il y a, en réalité, des urgences autrement plus importantes que celle d’un marché de véhicules.

La justice en question
 Si le procureur s’est effectivement autosaisi dans cette affaire, il y a lieu de s’interroger. Pourquoi Bachir Fofana ? Pourquoi un journaliste ? Et surtout, pourquoi maintenant ?

On ne compte plus les dossiers sensibles, les délits manifestes, les atteintes graves à la chose publique qui n’ont suscité aucune réaction du parquet. Est-ce cela, la justice de rupture ? Une justice qui cible les journalistes pendant que d’autres affaires, autrement plus graves, dorment dans les tiroirs ?

Une Assemblée loin du peuple
 En tant que citoyens, sans étiquette politique, nous nous interrogeons sur ce que signifie réellement une « Assemblée de rupture ». La 15e législature ne nous ressemble pas. Elle ne répond pas à nos attentes. Elle semble plus prompte à s’occuper de véhicules pour députés qu’à exiger la publication des rapports d’exécution budgétaire, pourtant encadrée par la loi.

N’est-ce pas au Parlement de contrôler l’action du gouvernement ? La rupture ne se proclame pas dans les discours. Elle se prouve dans les actes. Des actes concrets, courageux, qui servent l’intérêt général.

Crier « rupture » ne suffit pas. Il faut la matérialiser.

Libérez Bachir Fofana.

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