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Société

Souveraineté numérique : Aliou Sène appelle à protéger la cybersécurité sans sacrifier la liberté d’expression

Le député Aliou Sène, président de la Commission de la Culture et de la Communication, a appelé à trouver un équilibre entre le renforcement de la cybersécurité et la préservation de la liberté d’expression, lors de l’examen du projet de loi n°25/2026…

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Souveraineté numérique : Aliou Sène appelle à protéger la cybersécurité sans sacrifier la liberté d’expression

Le député Aliou Sène, président de la Commission de la Culture et de la Communication, a appelé à trouver un équilibre entre le renforcement de la cybersécurité et la préservation de la liberté d’expression, lors de l’examen du projet de loi n°25/2026 relatif à la protection des infrastructures d’information critique.

Pour le parlementaire, la souveraineté d’un État se joue désormais aussi dans le cyberespace. « La souveraineté d’un peuple ne se mesure plus seulement à la force de ses armées ou à la rigueur de ses institutions traditionnelles ; elle se joue aujourd’hui dans le secret des serveurs, dans la fluidité de nos réseaux et dans la résilience de nos systèmes d’information », a-t-il souligné.

Aliou Sène reconnaît ainsi la nécessité de protéger les infrastructures stratégiques contre les cyberattaques susceptibles de paralyser les hôpitaux, les communications ou les services publics. « Protéger nos infrastructures d’information critique, c’est garantir qu’aucun piratage ne viendra paralyser nos hôpitaux, couper nos communications, saboter nos services publics ou ébranler les fondements mêmes de notre économie », a-t-il déclaré.

Mais cette exigence de sécurité, selon lui, ne doit jamais se faire au détriment des libertés publiques. « La sécurité, si légitime soit-elle, ne saurait devenir un prétexte au silence ou à la contrainte », a averti le président de la Commission de la Culture et de la Communication.

« Protéger le contenant numérique sans asphyxier le contenu »

Cette préoccupation concerne particulièrement les médias, les entreprises de presse et les créateurs de contenu, de plus en plus dépendants des infrastructures numériques pour produire et diffuser l’information.

« Protéger le contenant numérique, oui, mais sans jamais asphyxier le contenu », a martelé Aliou Sène, insistant sur la nécessité de préserver « cette parole libre, cette création culturelle vibrante, cette presse indépendante qui constitue le cœur battant de notre démocratie ».

Le député souhaite ainsi que les mesures de protection prévues par le projet de loi ne puissent être utilisées pour restreindre de manière injustifiée la liberté d’expression ou la libre circulation de l’information.

Il demande notamment au gouvernement de préciser si les serveurs, plateformes de diffusion et archives numériques des médias publics et privés seront classés comme infrastructures d’information critique.

Un accompagnement pour les acteurs de l’information

Aliou Sène a également attiré l’attention sur les difficultés que pourraient rencontrer les entreprises de presse, les PME et les start-up face aux nouvelles exigences de sécurité.

« Il est impératif que cette loi ne soit pas vécue par eux comme un couperet réglementaire ou une charge financière insupportable, mais comme une main tendue », a-t-il plaidé.

Il appelle, à ce titre, l’État à mettre en place des mécanismes d’accompagnement technique et financier permettant aux acteurs concernés de se conformer aux normes de cybersécurité sans compromettre leur équilibre économique.

Le parlementaire a par ailleurs demandé des éclaircissements sur les critères permettant de désigner une infrastructure comme « critique » ainsi que sur l’autorité nationale appelée à coordonner la réponse en cas de cyberattaque majeure.

Pour Aliou Sène, l’objectif est clair : construire « une puissance numérique sûre, souveraine et profondément démocratique », capable de protéger les données et infrastructures stratégiques du Sénégal tout en garantissant les libertés fondamentales.

« Les citoyens nous regardent. Ils attendent de nous un État fort, capable de défendre ses données les plus stratégiques et de bâtir une véritable souveraineté numérique. Mais ils attendent aussi un État juste, garant des libertés fondamentales et de la libre circulation des idées », a-t-il conclu.

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