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Economie

Réforme fiscale au Sénégal : entre élargissement de l’assiette et relèvement temporaire de la TVA

Le Sénégal est à l’aube d’un tournant important en matière de politique fiscale. Fin mai 2025, le coordonnateur du Forum Civil, Birahim Seck, révélait que les nouvelles autorités, sous l’impulsion du Premier ministre Ousmane Sonko, ont lancé le processus…

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Réforme fiscale au Sénégal : entre élargissement de l’assiette et relèvement temporaire de la TVA

Le Sénégal est à l’aube d’un tournant important en matière de politique fiscale. Fin mai 2025, le coordonnateur du Forum Civil, Birahim Seck, révélait que les nouvelles autorités, sous l’impulsion du Premier ministre Ousmane Sonko, ont lancé le processus de réforme du Code général des impôts. Une initiative traduisant la volonté affichée de faire passer la pression fiscale de 18% à au moins 20%, conformément au seuil recommandé par l’UEMOA.

Au cœur de cette réforme, l’élargissement de l’assiette fiscale apparaît comme la voie privilégiée par le gouvernement. Il s’agit notamment d’intégrer dans le système fiscal les secteurs jusqu’ici peu ou pas taxés : services numériques, économie informelle, secteurs bénéficiant d’exonérations jugées injustifiées, etc. À cela s’ajoutent des réformes structurelles portant sur la modernisation de l’administration fiscale, la digitalisation, la transparence et la promotion du civisme fiscal.

Mais pour l’économiste et expert fiscal Serigne Mbacké Sougou, cette stratégie ne permettra pas une mobilisation rapide des ressources internes. Dans une contribution publiée dans Le Soleil, il avertit : « La mise en œuvre de ces mesures nécessite du temps, et leurs effets ne seront visibles qu’à moyen ou long terme. » Face à la contrainte immédiate de renflouer les caisses de l’État, il recommande de s’attaquer en priorité à la fiscalité indirecte, en particulier la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA).

Serigne Mbacké Sougou propose une mesure temporaire et ciblée : relever le taux de la TVA de 18% à 20% entre juillet et décembre 2025, mais uniquement sur les biens et services consommés par les catégories sociales à hauts revenus. Ce retour au taux de TVA en vigueur avant l’harmonisation de 1998 au sein de l’UEMOA, selon lui, permettrait une amélioration immédiate de la trésorerie publique sans nuire au pouvoir d’achat des ménages les plus vulnérables.

Il met toutefois en garde contre une augmentation indiscriminée des taxes indirectes. Il exclut explicitement les impôts directs comme l’Impôt sur le revenu ou les Contributions économiques, jugés moins efficaces à court terme. Il recommande aussi de ne pas toucher à la Taxe sur les affaires financières ni aux taxes spécifiques, afin de ne pas impacter négativement le coût du crédit et les prix à la consommation.

La réforme fiscale en cours s’inscrit dans un contexte de tensions budgétaires croissantes, avec une forte attente des populations en matière de services publics et de redistribution. Le pari du gouvernement est de trouver un juste équilibre entre urgence de financement, modernisation du système fiscal et équité sociale. L’idée d’une TVA temporairement majorée, mais ciblée, pourrait constituer une réponse pragmatique, à condition d’être accompagnée de garde-fous clairs.

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