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Economie

Sénégal – Diaspora Bond : une innovation financière qui interroge

Le 18 septembre 2025, l’État du Sénégal a procédé au lancement officiel de ce qu’il a baptisé son premier « Diaspora Bond ». Une opération inédite, censée mobiliser l’épargne des Sénégalais de l’extérieur au service du financement du développement…

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Sénégal – Diaspora Bond : une innovation financière qui interroge

Le 18 septembre 2025, l’État du Sénégal a procédé au lancement officiel de ce qu’il a baptisé son premier « Diaspora Bond ». Une opération inédite, censée mobiliser l’épargne des Sénégalais de l’extérieur au service du financement du développement national. Si l’initiative a été saluée pour son ambition et son audace, certains spécialistes appellent toutefois à la nuance et à la précision des termes.
C’est le cas de Meissa Lo, expert financier, consultant international en finance de marché et membre de la SFAF (Société Française des Analystes Financiers). Dans une analyse qu’il a partagée avant l’opération, il invite à clarifier la nature de l’instrument. « Un diaspora bond, dans sa définition stratégique, n’est pas seulement un emprunt ouvert à la diaspora. C’est un instrument de co-développement », a t-il souligné.
Selon lui, un véritable diaspora bond doit être adossé à des projets concrets qui parlent directement à la communauté sénégalaise de l’extérieur : logement pour les candidats au retour, infrastructures dans les zones d’émigration, soutien à l’entrepreneuriat diasporique. « Il ne s’agit pas seulement de mobiliser une épargne, mais d’offrir un avenir, un projet, une place dans la transformation du pays », insiste-t-il.
Or, dans le cas sénégalais, plusieurs zones d’ombre subsistent :
L’emprunt a été ouvert à tous, et non exclusivement à la diaspora.

La communication gouvernementale n’a pas clairement fléché les fonds vers des projets liés aux Sénégalais de l’extérieur.

La transparence sur l’affectation des ressources reste floue, même si les taux d’intérêt proposés apparaissent attractifs, comparables, voire supérieurs, aux produits d’épargne traditionnels en Europe ou en Amérique.

Pour Meissa Lo, il serait donc abusif de qualifier cette émission obligataire de « diaspora bond » au sens fort. « Ce que l’État a proposé, c’est avant tout un emprunt obligataire, certes orienté vers la diaspora, mais aussi accessible à d’autres bailleurs. Il n’y a pas de sous-jacent communautaire, ni de vision partagée », tranche-t-il.
L’initiative marque néanmoins une étape importante dans la volonté de l’État de diversifier ses sources de financement. Reste à savoir si, à l’avenir, Dakar saura transformer cette première tentative en véritable outil de co-développement, en associant la diaspora non seulement comme bailleur, mais aussi comme acteur à part entière de la transformation nationale.

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