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Economie

Dette cachée : le FMI sonne l’alerte sur la situation inédite du Sénégal

Le Fonds monétaire international (FMI) a tiré la sonnette d’alarme sur la situation financière du Sénégal, évoquant une « dette cachée » d’une ampleur jamais observée auparavant sur le continent africain. C’est ce qu’a révélé ce jeudi 6 novembre, sur les…

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Dette cachée : le FMI sonne l’alerte sur la situation inédite du Sénégal

Le Fonds monétaire international (FMI) a tiré la sonnette d’alarme sur la situation financière du Sénégal, évoquant une « dette cachée » d’une ampleur jamais observée auparavant sur le continent africain. C’est ce qu’a révélé ce jeudi 6 novembre, sur les ondes de RFI, Edward Gemayel, chef de mission du FMI au Sénégal. Selon lui, cette découverte sans précédent explique l’échec des récentes discussions entre les autorités sénégalaises et l’institution de Bretton Woods autour d’un nouveau programme de prêt.

« Je n’ai jamais vu une dette cachée de cette importance en Afrique », a affirmé M. Gemayel, soulignant le caractère inédit du cas sénégalais. Cette dissimulation partielle des engagements financiers de l’État aurait été mise en lumière au cours de la mission du FMI, qui s’est déroulée pendant deux semaines à Dakar. Elle a profondément bouleversé les équilibres budgétaires présentés jusque-là par le gouvernement, rendant nécessaire une réévaluation complète de la situation macroéconomique du pays.

Le responsable du FMI a précisé que cette opacité « complique les choses » et retarde la reprise d’un programme d’aide, pourtant attendu depuis plusieurs mois. Les négociations, entamées dès le mois d’août, devaient permettre de relancer une coopération financière suspendue depuis la fin de l’ancien programme en 2024. Mais la découverte de passifs non déclarés a obligé les équipes du Fonds à revoir leurs analyses et à demander des garanties de transparence.

Pour le FMI, la priorité est désormais d’éviter qu’une telle dissimulation ne se reproduise. L’institution exige la mise en place de mesures dites « correctrices ». Parmi elles, la centralisation de la gestion de la dette publique au sein d’un seul ministère, afin d’éliminer les chevauchements institutionnels qui auraient favorisé les omissions, ainsi que la publication intégrale des résultats de l’audit sur les arriérés de paiement. Ces réformes doivent permettre de restaurer la crédibilité budgétaire du pays et de rassurer les partenaires techniques et financiers.

Parallèlement, une analyse approfondie de la viabilité de la dette sénégalaise est en cours de finalisation. Ce travail, mené conjointement par le FMI et la Banque mondiale, doit permettre de déterminer si la dette globale du pays reste soutenable dans les conditions actuelles. Cette étape est jugée cruciale avant toute reprise du financement international.

Malgré ces difficultés, Edward Gemayel se veut optimiste. Il rappelle qu’il est « rare qu’un nouvel accord soit finalisé après une première visite » et estime que les discussions pourraient aboutir « en quelques semaines ». Toutefois, aucune date précise n’a encore été fixée pour la conclusion du prochain cycle de négociations, qui se déroulera à distance.

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