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Economie

Dette cachée : le Sénégal au cœur d’une enquête du Financial Times sur des emprunts non déclarés

Le Financial Times a révélé ce lundi une affaire susceptible de raviver les inquiétudes autour de la transparence de la dette publique sénégalaise. Selon le média britannique, le Sénégal aurait contracté, au cours de l’année écoulée, des emprunts de…

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Dette cachée : le Sénégal au cœur d’une enquête du Financial Times sur des emprunts non déclarés

Le Financial Times a révélé ce lundi une affaire susceptible de raviver les inquiétudes autour de la transparence de la dette publique sénégalaise. Selon le média britannique, le Sénégal aurait contracté, au cours de l’année écoulée, des emprunts de plusieurs centaines de millions d’euros auprès d’institutions financières internationales, sans les rendre publics.

D’après les informations rapportées, le pays aurait mobilisé environ 650 millions d’euros via des accords conclus notamment avec Africa Finance Corporation et First Abu Dhabi Bank. Ces opérations financières auraient été structurées de manière à accorder à ces créanciers des privilèges par rapport aux détenteurs classiques d’obligations souveraines.

Le Financial Times précise que ces financements auraient été garantis par des obligations souveraines nouvellement émises, adossées à des instruments financiers complexes appelés swaps, plus précisément des swaps de rendement total. Ce type de mécanisme permet à un État d’obtenir des liquidités en échange de la performance future d’actifs, tout en conservant certaines caractéristiques de propriété sur ces derniers.

Le Fonds monétaire international serait au fait de ces pratiques. Selon le journal, une source au sein de l’institution indique que ses équipes savent que le Sénégal a conclu plusieurs accords de ce type avec des créanciers. Toutefois, les conditions détaillées de ces swaps n’auraient pas été communiquées, ce qui soulève des préoccupations en matière de transparence et de gestion de la dette.

L’un des accords évoqués remonterait à mai dernier, lorsque le Sénégal aurait conclu un partenariat avec Africa Finance Corporation. Cet arrangement aurait permis au pays d’obtenir jusqu’à 350 millions d’euros de financement via des swaps. Un premier décaissement de 105 millions d’euros aurait été effectué en contrepartie de la cession à l’institution panafricaine d’obligations libellées en francs CFA d’une valeur équivalente à 150 millions d’euros. Ces titres seraient assortis de paiements d’intérêts compris entre 3,5 % et 4 % au-dessus d’un taux variable.

Un autre accord, signé en juin avec First Abu Dhabi Bank, porterait sur un échange d’une durée de trois ans. Dans ce cadre, le Sénégal aurait obtenu 300 millions d’euros en cédant à la banque émiratie des obligations d’une valeur estimée à environ 400 millions d’euros. Ce montage financier, selon le Financial Times, renforcerait les garanties offertes aux prêteurs tout en complexifiant la lecture réelle de l’endettement du pays.

Pour l’heure, le ministère des Finances du Sénégal n’a pas réagi officiellement à ces révélations. Le journal indique également que le conseiller financier de l’État, Global Sovereign Advisoy, n’a pas répondu aux sollicitations. De son côté, Seneweb affirme tenter de joindre les autorités afin d’obtenir leur version des faits.

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